RDC : arrestation sanglante d'un chef politico-sectaire à Kinshasa


Image Post

Politique Publié le : 25/04/20 à 19:35:36
Par : Africanews.com




Des adeptes d’un mouvement politico-sectaire ont été tués vendredi à Kinshasa lors de l’assaut de la police congolaise contre la résidence de leur gourou, arrêté pour “rebellion”, “atteinte à la sûreté de l’Etat” et “incitation à la haine tribale”.

L’ex-député Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, a été interpellé à la mi-journée après un affrontement de près d’une heure entre la police et ses adeptes, ont indiqué les forces de sécurité. Des tirs et des détonations de gaz lacrymogènes ont été entendus, selon un témoin sur place.

L’opération avait commencé la veille quand la police avait encerclé la résidence de Ne Muanda Nsemi, qui s‘était auto-proclamé président de la République démocratique du Congo début janvier en invoquant “un coup d’Etat divin”.

Dès jeudi soir, des dizaines d’adeptes de son mouvement “Bundu Dia Kongo” avaient défié les forces de sécurité autour de sa résidence sise le long d’une voie qui s’appelle…avenue Haute Tension.

Des officiels ont tenté de raisonner l’ex-député, dont le mouvement est à l’origine de trois épisodes de violences meurtrières ces derniers jours dans la province voisine du Kongo-Central à l’ouest de Kinshasa.

L’assaut de la police est intervenu “après échec de plusieurs négociations” pour amener Ne Muanda Nsemi à se rendre à la justice congolaise, a confirmé dans la soirée le ministre de l’Intérieur Gilbert Kankonde.

Blessé à la tête, Ne Muana Nsemi a été hospitalisé avant d‘être conduit dans un commissariat d’où il doit être transféré au parquet.

Les autorités ont été longues à communiquer clairement sur le bilan humain de l’assaut.

Dans son communiqué publié vendredi soir, le ministre de l’Intérieur évoque “un bilan provisoire” de “huit morts”, sans autre précision. La mention “huit morts” a été inscrite à la main dans le corps du communiqué, qui fait état de “35 blessés” et 168 personnes arrêtées, dont huit femmes.

Séparatistes

“Du côté de la police, on a enregistré huit policiers grièvement blessés”, ajoute le communiqué, laissant donc entendre que les morts se trouvent du côté des adeptes.

Joint par l’AFP, un témoin présent sur place affirme avoir vu une quinzaine de corps d’adeptes après l’assaut, ainsi que des dizaines de blessés de part et d’autre.

Des corps ont été évacués vers deux morgues de Kinshasa, a indiqué sans plus de précision une source onusienne à Kinshasa.

Dans un autre communiqué, le commissariat provincial de Kinshasa a salué le “professionnalisme” de la police, “malgré la résistance opposée” par les partisans du gourou politico-religieux, sans aucune mention du bilan humain.

La police a cependant condamné des policiers qui ont pillé “des biens trouvés dans la résidence de M. Zacharie Badiengila. Ces actes inacceptables seront punis”.

Depuis le 13 avril, une vingtaine de personnes, adeptes et policiers, ont été tuées dans trois accrochages dans la province du Kongo-Central voisine de Kinshasa, le long de la RN1.

Cette route est d’une importance vitale puisqu’elle relie Kinshasa (au moins dix millions d’habitants) à ses seuls débouchés maritimes, les ports de Matadi et de Muanda.

Partisans d’une scission d’un Kongo Central, les séparatistes du “BDK” voulaient s’en prendre aux “non-originaires” du Kongo-Central, c’est-à-dire aux Congolais venus d’autres provinces.

Fin mars, la police avait dispersé à Kinshasa un rassemblement des BDK qui violait l’interdiction de tout rassemblement public de plus de 20 personnes, une disposition de “l‘état d’urgence sanitaire” décrété par le chef de l’État face au Covid-19.

Les Bundu Dia Kongo affirment vouloir reconstituer le royaume du Kongo tel qu’il existait au XVe siècle, avant la colonisation, de l’Angola au Gabon.

Ancien professeur de chimie, Ne Muanda Nsemi s‘était déjà échappé de la prison centrale de Kinshasa en juin 2017.

Il avait fait sa réapparition publique début 2019 après l’investiture du nouveau président de la République Félix Tshisekedi.

 


Partagez cet article :

Articles à lire sur le même sujet :


Procès 100 jours : Le juge président Raphaël Yanyi Ovungu est mort

La police Nationale Congolaise a confirmé la mort du juge président dans le procès 100 jours en cours à la prison centrale de Makala. Selon la police de Kinshasa, Raphaël Yanyi Ovungu est mort  de suite d'une crise cardiaque aux env...

Politique - il y a 2 joursLire la suite

Procès de 100 jours : Bukavu peint aux affiches réclamant la libération de Vital Kamerhe.

Après la deuxième audience du procès opposant la République au président de l'Union pour la Nation Congolaise M. Vital Kamerhe, la ville de Bukavu, sa base électorale s'est réveillée aux couleurs des affiches r&eac...

Politique - il y a 3 joursLire la suite

Destitution de Kabund-Kasaï Oriental : les jeunes de l'UDPS manifestent et menacent de brûler le s...

Après la destitution de Jean-Marc Kabund de son poste de premier vice-président du bureau de l’Assemblée nationale lundi 25 mai par les députés nationaux, les jeunes de l’Union pour la Démocratie et le Progrès...

Politique - il y a 3 joursLire la suite

Programme de 100 jours : NGASA-FATSHI invite la justice à élargir les enquêtes au Sud-Kivu.

Dans sa déclaration relative au programme d'urgence de 100 jours du président de la République Démocratique du Congo, la Nouvelle Génération d'accompagnement et de Soutien aux Actions du chef de l'État (NGASA) salue et en...

Politique - il y a 3 joursLire la suite

Ass.Nat-déchéance de Kabund : Jeanine Mabunda salue l'esprit démocratique et l'État de droit

La présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda Lioko, a salué l’esprit démocratique et l’État de droit ayant conduit à la déchéance du député national Jean-Marc Kabund de so...

Politique - il y a 3 joursLire la suite

Annonce
PROGRAMMES DE VOYAGES
  • Matin (Du mardi au vendredi) : GOMA - BUKAVU
  • Chaque soir : BUKAVU - GOMA - BUKAVU

Contacts :
+243 977749937, +243 975468469, +243 894402457
Partagez nous votre commentaire