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Massacres de Kaziba en 1996 : Ramassée trois jours après sur le cadavre de son père, une victime qui n'avait que deux ans exige justice

Le 28 Octobre 1996, des militaires de l'armée rwandaise ont, selon les communautés de Kaziba, massacré plus de 230 personnes dans la chefferie de Kaziba en territoire de Walungu en province du Sud-Kivu.

Selon des sources locales, les victimes ont été enterrées dans 5 fausses communes entre autres : Namushwaga, Cirunga, centre Lwanguku, Mucingwa et Ngando. 25 après, les plaies n'ont toujours pas guéries et les victimes réclament la vérité, la justice, la réparation et la garantie de non répétition.

C'est le cas de plusieurs victimes, à l'instar d'une qui n'avait que deux ans lors de ces affres.

"Pour raison de sécurité, nous gardons anonyme les témoignages"

Voici son récit : 

Lors des massacres j'étais encore un bébé. On me raconte comme une histoire. Quand les coups de balles ont retenti mon père, ma mère qui était enceinte et moi qui n'avait que deux ans, avions tenté de fuire. Les militaires "Rwandais" ont directement tiré sur mon père. En tombant au sol, il m'avait tenu  sur sa poitrine. Une autre femme, "la Mwamikazi de la chefferie de Kaziba" qui avait tenté de me sauver a été assassinée sur le champ. Je suis restée sur la poitrine de mon père pendant trois jours en train de le réveiller pourtant il était déjà mort sans que je le sache. C'est après les coups de balle et le retour de l'accalmie dans le village que des gens qui avaient fui m'ont rencontré sur la poitrine de mon père, m'ont pris et l'ont enterré tout près de chez nous. C'est la douleur que je porte tous les jours. Je peux vouloir que ces gens qui sont venus tuer mon père puissent nous dire c'était quoi le problème. Les auteurs de ces actes doivent être jugés pour que je retrouve la paix.

Une autre victime ayant perdu 9 membres de sa famille ce jour-là, témoignage : 

C'était un certain lundi nous venions de la pierre, mon père nous avait accompagné dans la brousse pour cacher quelques biens. En arrivant à la maison, nous entendîmes des balles. Voulant crier, quelqu'un est venu nous dire que notre père venait d'être assassiné. Nous sommes sortis de la maison pour voir ce qui se passait. En arrivant chez notre oncle paternel, nous y avions rencontré beaucoup de militaires "Rwandais", parmi eux, des bergers. Ils ont commencé à tuer les membres de ma famille. Au total, 9 familiers ont été tués ce jour-là. Mon mari qui était infirmier à l'hôpital de Lemera avait aussi été tué quand il voulait se sauver, nous n'avions pas vu son cadavre. Je demande que les auteurs de ces massacres soient jugés.

Une rescapée raconte son histoire :

C'était lundi aux environs de 7h, nous nous sommes réveillés sous les coups de feu. Les "Rwandais", nous avaient regroupé à Nyamushwaga et nous avaient demandé si nous pouvions avoir quelque chose pour notre protection. Nous avions dit non, en suite ils avaient demandé des armes et des grenades que nous n'avions pas. Tout d'un coup, ils avaient commencé à nous tirer dessus. Nous étions 8 enfants dans notre famille, 6 ont été tués ainsi que mon père et ma mère. Nous sommes restés moi et mon frère. Moi, j'avais reçu des balles dans les côtes, la cuisse, le bras, dans la hanche, le sein et une autre avait tué l'enfant que je portais au dos. Le nombre exact des personnes qui ont été tuées ici est inconnu, ce n’est pas 230 personnes, elles étaient plus nombreuses que ça. Nous demandons que la justice soit rendue aux victimes et que les auteurs de ces massacres répondent de leurs actes.

Il sied de noter que ces témoignages ont été recueillis ce jeudi 23 septembre 2021, lors du début de la deuxième tournée de la commission parlementaire en caravane pour la paix et la sensibilisation pour justice transitionnelle.

Cette commission parlementaire constituée du rapporteur adjoint de l'assemblée provinciale du Sud-Kivu, M. Bumbu Malite Job, les honorables députés provinciaux Homer Bulakali, Augustin Bulimuntu et Innocent Kababili, s'est entretenue avec le secrétaire administratif de la chefferie de Kaziba, la notabilité, les acteurs sociaux. 

La délégation s'est également rendu à Luhwinja et Burhinyi où le même exercice a été fait, mais une visite des fausses communes où des personnes tuées avaient été enterrées.

La commission parlementaire en caravane de paix et la sensibilisation pour la justice transitionnelle se rendra à Mwenga, Walungu et Shabunda.

Il faut noter que cette deuxième tournée intervient après celle de Fizi et Uvira du 13 au 18 Septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires (Total : 2)

J
JPM 25/09/2021 09:22:12

Monsieur Enock, tu as peur de Bulakali car il veut que justice soit faite. Si des banyamulenge ont participé au massacres sous l'étiquette de rwandais, ils subirons la rigueur de la loi autant que tout autre congolais ayant servi la cause rwandaise dans ces massacres.

E
Enock 24/09/2021 09:24:06

J’espère que ce n’est pas une caravane ethnique. Je doute de l’impartialité de ces députés appartiennent aux communautés en conflits ne soit une campagne d’incitation à la haine des banyamulenge connaissant les positions de ce députés là. Bulakali s’illustre dans les msgs de haine...

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