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RDC-SECURITE : François Beya Kasonga, quid d’un probable retour aux affaires ?

Il y a quelques jours déjà, des rumeurs non vérifiés ont fait état d’un probable retour aux affaires de François Beya Kasonga dit « Fantômas ». Et ce, pour cause d’un « désordre » qui serait observé à la tête des services de sécurité depuis la mise à l’écart de l’ancien maître-espion congolais et son remplacement par Jean-Claude Bukasa, son ancien adjoint en qualité d’Assistant Principal et du coup devenu Conseiller spécial ad intérim pour les questions de sécurité nationale.

La nomination de Bukasa n’était pas sans une mise en garde claie : « Il va sans dire que la délicatesse de la mission qui vous est confiée exige de vous loyauté et abnégation » écrivait le 08 février 2022 Guylain Nyembo Mbwizya, Directeur du Cabinet du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

Interpellé à son domicile le samedi 05 février 2022 pour une « question relevant de la sureté de l’Etat », entendu plusieurs jours dans les locaux de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), Beya Kasonga avait fini par être incarcéré dans la Prison Centrale de Makala de la commune de Selembao.

L’ouverture de son procès avait lieu le vendredi 03 juin 2022 devant la Haute Cour Militaire siégeant en matière répressive au premier degré dans l’enceinte même de la Prison centrale de Makala, où l’accusé était appelé à « présenter ses dires et moyens de défense sur les faits » lui reprochés.

Mais contre toute attente, le chef « securotate » poursuivit pour « complot contre le chef de l’État » obtient une liberté provisoire le soir du 16 août 2022 pour regagner son domicile. L’on sait aujourd’hui que cette libération dite pour des « raisons de santé » est l’effet conjugué des plusieurs pressions extérieurs sur le Président de la république Félix Tshisekedi, notamment celles déterminantes du Congolais d’en face Denis Sassou Nguesso.

A la manœuvre, JeanDominique Okemba, neveu de Denis Sassou Nguesso et chef des renseignements du Congo-Brazzaville. C’est du reste lui qui avait géré et réglé en étroite collaboration avec les autorités françaises ; l’affrètement jet privé médicalisé de la société française Airlec Air Espace qui a permis l’évacuation de François Beya Kasonga à Paris dans la nuit du 20 aout 2022.

Depuis lors, Beya d’abord interné à l’Hôpital américain n de Neuilly-Sur-Seine ; fait des va-et-vient entre cet établissement privé et l’Hôpital européen Georges-Pompidou au regard de sa situation médicale dont aucune information n’est fournie.

Un retour improbable…

« Malgré les rumeurs, c’est un retour aux affaires improbable de Beya ; nonobstant son expérience avérée en matière de sécurité pourtant » chuchote un proche de Félix Tshisekedi sous anonymat.

De la disgrâce à la dégringolade d’un homme réputé intouchable qui depuis Mobutu aux deux Kabila, avait su naviguer au cœur du pouvoir ; François Beya, demeure un homme aux conflits multiples qui auront causé sa chute sur fond d’une « présumée compromission et des intrigues du palais où il n’avait pas que trop d’amis » selon des sources renseignées.

Intervenant à tout vent jusque dans les conflits parcellaires au profit des proches, François Beya avait des relations conflictuelles avec plusieurs membres du premier cercle présidentiel à l’instar de Yane Fumuatu, son autre ex-assistant principal, qu’il avait suspendu de ses fonctions en décembre 2020 ; avec interdiction de quitter le pays.

Accusé d’insubordination, d’usurpation de qualité et de trafic d’influence, ce dernier avait pourtant accompagné Félix Tshisekedi partout lors de sa dernière campagne électorale. Toujours influent, Yane Fumuatu n’a pas oublié ce camouflet que le conseiller sécurité lui avait infligé.

De l’ancien président ad intérim de l’UDPS Jean-Marc Kabund devenu opposant qui n’hésitait pas à le critiquer publiquement lorsque leurs points de vue divergeaient comme après son intervention à Kigali au Rwanda aux amis du Chef de l’Etat de la diaspora, tout le monde doutait de sa loyauté intégrale. Sa proximité d’avec l’ancien Président de la République honoraire Joseph Kabila que beaucoup soupçonnait n’étant pas non plus loin de sa chute brutale.

Les relations de Beya avec le très écouté Conseiller privé du chef de l’État, Fortunat Biselele, n’étaient pas non plus les meilleures. « Bifort » comme l’appelle ses amis, avait été convoqué par le CNS en novembre 2021 dans le cadre d’un conflit avec d’autres personnalités proches du président ainsi que Corneille Nangaa, ancien président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) dans une affaire autour d’un carré minier qui avait été promis aux Emiratis après le voyage du Chef de l’Etat à Dubaï.

À la suite de cette affaire, François Beya s’était vu retirer une partie de ses prérogatives au profit de l’ANR. Il n’avait d’ailleurs pas été associé à la nomination de Jean-Hervé Mbelu à la tête de l’agence révèle une source confirmée alors qu’il se targue d’avoir favorisé son ascension.

Certes que le choix de Beya par Tshisekedi avait été dans un premier temps par « nécessité » d’urgence du nouveau Président de la République, qui avait urgemment besoin d’une personne expérimentée comme Conseiller en matière de sécurité pour chapeauter le redouté Conseil National de Sécurité (CNS, cette dernière coordonnant la plupart des services de renseignements du pays. Mais aussi par la « raison » de quelqu’un qui connaissait bien où en étaient les dossiers du pays et comment ils devaient être traités, cet homme c’était donc François Beya.

Un parcours élogieux

Vétéran des services depuis le régime Mobutu, Beya était de la première génération d’officiers des renseignements zaïrois formés par le Mossad israélien. Recruté par feu Seti Yale, le patron des renseignements de Mobutu, et parrainé par feu Honoré Ngbanda, l’un des plus fidèles « sécurocrates » du maréchal, il a depuis servi tous les régimes, tissant sa toile au sein du Centre national de documentation (l’ancêtre de l’ANR), puis de la Direction Générale de Migration (DGM), dont Joseph Kabila lui confiera les rênes les dix dernières années de son règne.

Cet homme que l’on décrit comme « courtois » et également très riche malgré ses « habits de flic » possède un vaste réseau qui s’étend de Kinshasa à Bangui, en passant par Brazzaville et Kigali. Son sort ayant même été évoqué lors du sommet quadripartite de Oyo chez Sassou N’Guesso avec Museveni et Eyadema, tous voulant s’assurer que tous ses « droits étaient respectés ».

Beya possédait aussi des entrées dans les ambassades occidentales de Kinshasa et était un contact privilégié pour les services de renseignements étrangers, y compris pour la CIA. Hasard du calendrier ou simple coïncidence, il a été interpellé deux semaines après la visite à Kinshasa de Daleep Singh, le numéro deux de la sécurité intérieure américaine.

Il y a quelques jours, des rumeurs non vérifiés ont fait état d’un probable retour aux affaires de François Beya Kasonga dit « Fantômas ». Et ce, pour cause d’un « désordre » qui serait observé à la tête des services de sécurité depuis la mise à l’écart de l’ancien maître-espion congolais et son remplacement par Jean-Claude Bukasa, son ancien adjoint en qualité d’Assistant Principal et du coup devenu Conseiller spécial ad intérim pour les questions de sécurité nationale.

La nomination de Bukasa n’était pas sans une mise en garde : « Il va sans dire que la délicatesse de la mission qui vous est confiée exige de vous loyauté et abnégation » écrivait le 08 février 2022 Guylain Nyembo Mbwizya, Directeur du Cabinet du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

Interpellé à son domicile le samedi 05 février 2022 pour une « question relevant de la sureté de l’Etat », entendu plusieurs jours dans les locaux de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), Beya Kasonga avait fini par être incarcéré dans la Prison Centrale de Makala de la commune de Selembao.

L’ouverture de son procès avait lieu le vendredi 03 juin 2022 devant la Haute Cour Militaire siégeant en matière répressive au premier degré dans l’enceinte même de la Prison centrale de Makala, où l’accusé était appelé à « présenter ses dires et moyens de défense sur les faits » lui reprochés.

 

Mais contre toute attente, le chef « securotate » poursuivit pour « complot contre le chef de l’État » obtient une liberté provisoire le soir du 16 août 2022 pour regagner son domicile. L’on sait aujourd’hui que cette libération dite pour des « raisons de santé » est l’effet conjugué des plusieurs pressions extérieurs sur le Président de la république Félix Tshisekedi, notamment celles déterminantes du Congolais d’en face Denis Sassou Nguesso.

A la manœuvre, JeanDominique Okemba, neveu de Denis Sassou Nguesso et chef des renseignements du Congo-Brazzaville. C’est du reste lui qui avait géré et réglé en étroite collaboration avec les autorités françaises ; l’affrètement jet privé médicalisé de la société française Airlec Air Espace qui a permis l’évacuation de François Beya Kasonga à Paris dans la nuit du 20 aout 2022.

Depuis lors, Beya d’abord interné à l’Hôpital américain n de Neuilly-Sur-Seine ; fait des va-et-vient entre cet établissement privé et l’Hôpital européen Georges-Pompidou au regard de sa situation médicale dont aucune information n’est fournie.

 

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