Vers une synergie africaine pour la paix à l’Est de la RDC : Nairobi recommande l’unification des efforts régionaux
Une avancée diplomatique majeure s'est dessinée dans la quête de stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo.
Réunis dans la capitale kenyane, les coprésidents des Communautés économiques régionales d’Afrique australe (SADC) et de l’Afrique de l’Est (EAC), appuyés par l’Union africaine (UA), ont recommandé la fusion immédiate de leurs mécanismes respectifs d’intervention.
Présidée par William Ruto, président du Kenya et président en exercice de l’EAC, ainsi qu’Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe et président en exercice de la SADC, cette réunion conjointe vise à harmoniser les stratégies de paix à l’échelle régionale dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans l’Est congolais.
Une architecture unifiée pour une réponse efficace
Le communiqué final, rendu public à l’issue des discussions, propose une restructuration sans précédent : une fusion immédiate des structures opérationnelles de l’EAC, de la SADC et de l’UA. Cela inclut le médiateur désigné par l’Union africaine ainsi que le panel des facilitateurs régionaux. Tous devront désormais répondre devant un sommet conjoint et devant les instances de l’Union africaine.
Dans cette optique, les secrétariats techniques de ces trois institutions seront regroupés en un seul secrétariat basé à Addis-Abeba, sous la direction de la Commission de l’Union africaine (CUA). Ce secrétariat aura pour mission de rendre fonctionnelle cette nouvelle entité de coordination régionale.
Consolidation des engagements diplomatiques
Ce sommet régional fait suite à deux initiatives internationales majeures : l’accord signé à Washington entre la RDC et le Rwanda sous l’égide des États-Unis, et la déclaration de principes signée à Doha entre le gouvernement congolais et les représentants de l’AFC/M23, avec la médiation du Qatar.
Cependant, malgré la dynamique diplomatique, la mise en œuvre sur le terrain reste laborieuse. Les engagements prévus dans la déclaration de Doha, notamment la reprise des discussions pour un accord de paix global d’ici au 8 août 2025, tardent à se concrétiser. Cette lenteur fait planer le doute sur la viabilité du processus, surtout que la signature de l’accord final est attendue pour le 17 août.
Une région à la croisée des chemins
Le blocage actuel dans la concrétisation des engagements inquiète les acteurs régionaux. Nairobi espère qu’en unifiant les efforts, les obstacles à la paix durable pourront être levés plus efficacement. La coordination stratégique à travers une entité conjointe pourrait devenir un modèle de réponse africaine concertée aux conflits persistants.
L’enjeu est de taille : restaurer la souveraineté de la RDC et mettre fin à une crise qui perdure depuis trop longtemps.
