Kigali recadre Kamerhe après ses propos à Genève
Les relations déjà tendues entre Kinshasa et Kigali ont connu un nouveau rebondissement après que le Parlement rwandais a publiquement dénoncé les propos tenus par Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale de la RDC, lors d’une conférence parlementaire mondiale à Genève.
Dans une déclaration officielle publiée ce 1er août, les autorités législatives rwandaises se disent « préoccupées » par ce qu’elles qualifient d’accusations « infondées » portées par Kamerhe à l'encontre du Rwanda lors de la 6e Conférence mondiale des Présidents de Parlement, tenue le 30 juillet dernier.
Une volte-face dénoncée
Le Parlement rwandais souligne l’ironie de cette déclaration jugée hostile, rappelant que Kamerhe avait pourtant récemment adopté un ton de coopération. Moins de trois semaines auparavant, à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) à Paris, le président de la chambre basse congolaise avait salué l’accord de paix du 27 juin 2025 entre Kinshasa et Kigali, conclu sous médiation américaine. À cette occasion, il avait plaidé pour sa mise en œuvre rapide et pour un engagement mutuel au service de la stabilité dans la région.
Ce changement de ton observé à Genève est perçu par Kigali comme une remise en cause de la volonté réelle de Kinshasa de s’inscrire dans une dynamique de paix. Le Parlement du Rwanda n’a pas mâché ses mots, évoquant une « rhétorique incendiaire » et une attitude de nature à « compromettre les efforts interparlementaires ».
Kigali met en garde contre les revirements
Dans son communiqué, le Parlement rwandais alerte sur les risques que pourraient engendrer de tels revirements politiques : retards dans la ratification de l'accord, fragilisation du processus de paix, et méfiance croissante entre partenaires. Pour Kigali, la mise en œuvre de l'accord ne pourra être effective sans cohérence politique des deux côtés.
L’organe législatif rwandais conclut en appelant à un retour à un dialogue apaisé et à une ligne de conduite responsable. Il invite les dirigeants politiques à faire preuve de « cohérence, d’intégrité et de respect des engagements », condition essentielle à la paix durable dans la région des Grands Lacs.

Commentaires (Total : 1)
Fundisho Kalimba Modeste
Le Rwanda doit comprendre une chose, même si le gouvernement actuel fait un accord avec vous mais nous n'oublierons jamais ce crises. Dent pour dent.