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RDC : Tshisekedi lance une campagne pour la reconnaissance internationale du génocide congolais

Le président congolais Félix Tshisekedi a annoncé une vaste campagne politique et diplomatique pour faire reconnaître ce que la République démocratique du Congo qualifie désormais de génocide congolais, perpétré à la suite des guerres d'agression, notamment par le Rwanda.


Depuis plusieurs années, la République démocratique du Congo (RDC) réclame justice pour les millions de vies perdues lors des conflits armés qui ravagent l’est du pays. Samedi, lors de la cérémonie annuelle du GENOCOST à Kinshasa — une commémoration dédiée aux victimes des conflits dans l’est de la RDC — le président Félix Tshisekedi a franchi un nouveau cap. Il a officiellement annoncé le lancement d’une campagne politique et diplomatique majeure pour faire reconnaître ce qu’il qualifie de génocide congolais.

« J’ai donné instruction au gouvernement et au Parlement de s’activer sur le plan national pour soutenir cette initiative », a déclaré le chef de l’État, visiblement déterminé. Il a également promis de multiplier les actions diplomatiques à l’échelle internationale, en appelant les Nations unies, l’Union africaine et d’autres partenaires à se pencher sérieusement sur la responsabilité des pays impliqués dans les agressions, en particulier le Rwanda.

Cette sortie s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes avec Kigali. Le gouvernement congolais accuse régulièrement le Rwanda de soutenir le groupe armé M23, actif dans la province du Nord-Kivu. De son côté, le Rwanda dément toute implication directe dans le conflit.

Selon les défenseurs de cette campagne de reconnaissance, l'initiative vise non seulement à rendre justice aux victimes, mais aussi à inscrire la tragédie congolaise dans les annales de l’histoire mondiale, à l’instar d'autres génocides reconnus.

Un lourd tribut humain


Depuis la fin des années 1990, la RDC a été le théâtre de conflits dévastateurs impliquant des acteurs étatiques et non étatiques. Le rapport Mapping de l’ONU, publié en 2010, évoquait déjà de graves violations des droits humainssusceptibles de constituer des crimes contre l’humanité et des actes de génocide.

Des estimations indépendantes et rapportées par certaines ONG font état de plus de 6 millions de morts en l’espace de deux décennies, directement ou indirectement liées aux guerres d’agression, à l’effondrement des services de santé et à l’insécurité alimentaire.

Pour Tshisekedi, ces pertes humaines massives ne peuvent plus rester dans l’ombre. Il appelle désormais à une mobilisation internationale pour faire la lumière sur l’ampleur de la tragédie, juger les responsables et obtenir réparation.

 

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