RDC : Constant Mutamba défie la pression et convoque Judith Suminwa comme témoin clé dans son procès
L'ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, est au cœur d’un procès retentissant qui s’est poursuivi ce lundi 4 août devant la Cour de cassation à Kinshasa.
Accusé de détournement de 19 millions de dollars américains dans le cadre du projet de construction d’une prison à Kisangani, il clame son innocence avec fermeté et appelle des personnalités de haut rang à témoigner, dont la Première ministre Judith Suminwa.
“Je ne suis pas là pour recevoir des menaces. Si vous avez déjà un complot, faites-le. Je vais tout assumer”, a lancé Mutamba, visiblement exaspéré, devant une salle d’audience tendue.
L’audience de ce lundi était initialement dédiée à l’audition des témoins. Pourtant, malgré leur présence dans la salle, aucun n’a été entendu. La défense a dénoncé un déséquilibre dans la procédure : les témoins proposés par le ministère public avaient tous été cités à comparaître, tandis que ceux demandés par la défense ne l’étaient pas.
"Nous demandons que nos témoins soient convoqués légalement et entendus dans les mêmes conditions", a plaidé un avocat de Mutamba.
Face à ces préoccupations, la Cour a décidé de renvoyer l’affaire à la date du mercredi 6 août pour permettre à tous les témoins, des deux parties, d’être entendus simultanément. Un seul expert a cependant été écouté lors de cette audience, pour expliquer les procédures de passation des marchés publics, un élément central du dossier.
Des témoins de haut vol attendus
Parmi les témoins que Constant Mutamba souhaite faire citer, figurent plusieurs figures importantes de l’appareil d’État :
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Judith Suminwa Tuluka, actuelle Première ministre
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Jules Alingete, ex-inspecteur général chef de service de l’Inspection Générale des Finances (IGF)
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Rose Mutombo, son ancienne collègue au ministère de la Justice
Ces convocations visent, selon la défense, à démontrer que l’accusé n’a pas agi de manière unilatérale et que les responsabilités seraient partagées au sein de l’exécutif de l’époque.
Outre l’enjeu judiciaire, cette affaire prend une tournure politique. Constant Mutamba, qui fut un proche du pouvoir et figure montante de la jeunesse politique congolaise, se retrouve désormais dans une posture de défiance, accusant implicitement une volonté de l’écarter par des moyens judiciaires.
Sa déclaration choc à l’audience, “Arrêtez de m’intimider”, résonne comme un appel à la transparence et à l’équité du système judiciaire congolais.
Le rendez-vous est donc fixé au mercredi 6 août pour une audience qui s’annonce cruciale, avec en point d’orgue la comparution attendue de Judith Suminwa, cheffe du gouvernement. Un moment de vérité dans une affaire où politique, justice et gestion des deniers publics s’entrecroisent.
