RDC : Arrêté en plein culte, le pasteur Paul Mukendi retrouve la liberté et parle de « malentendu »
Quelques heures seulement après une arrestation spectaculaire en plein cœur de Kinshasa, le pasteur Paul Mukendi, figure religieuse aussi populaire que controversée, est désormais libre.
L’homme d’Église a tenu à clarifier sa version des faits, qualifiant l’incident de « malentendu » et niant avoir été appréhendé en plein culte, comme l’avaient rapporté plusieurs témoins et médias.
« C’était un malentendu. Je n’étais pas pris en plein culte. Je suis dans mon pays, un pays de liberté. Il n'y a rien au sujet de mes récentes déclarations. Que Dieu bénisse le Congo et son Président Félix Tshisekedi. » – Paul Mukendi
Un prédicateur au passé judiciaire lourd
Originaire de la République démocratique du Congo, Paul Mukendi s’était établi à Québec, au Canada, où il avait bâti une importante communauté religieuse. Mais en 2021, sa trajectoire bascule : reconnu coupable d’abus sexuels et physiques sur une mineure, il est condamné à huit ans de prison ferme.
Refusant de se soumettre à la justice canadienne, il prend la fuite vers la RDC en 2022, quelques jours avant la confirmation de sa peine.
Ce retour au pays natal lui offre un refuge juridique : la RDC ne dispose d’aucun traité d’extradition avec le Canada, tout comme l’Afghanistan et l’Irak, rendant impossible toute remise aux autorités canadiennes par voie légale.
L’ombre des déclarations politiques
Si Paul Mukendi rejette tout lien entre son interpellation et ses récentes sorties médiatiques, l’affaire survient juste après qu’il a violemment critiqué le gouvernement de Judith Suminwa II et appelé la population à descendre dans la rue.
Ces propos avaient rapidement enflammé les réseaux sociaux et provoqué un débat sur les limites de la liberté d’expression pour les leaders religieux en RDC.
Réactions partagées
Ses partisans, comme Déborah Zita, fidèle de son église, saluent sa remise en liberté, le considérant comme une victime de persécution politique.
En revanche, Olivier Mwisha estime qu’il instrumentalise la religion à des fins politiques et rappelle ses lourdes condamnations au Canada.
Pour l’évangéliste Ndusha Robert, l’affaire illustre parfaitement la ligne fine entre liberté religieuse, engagement politique et application sélective de la loi.
Une affaire loin d’être close
Bien que libre, Paul Mukendi demeure dans le viseur des autorités congolaises et reste persona non grata au Canada.
Son influence, sa rhétorique et son parcours judiciaire font de lui une personnalité qui divise profondément l’opinion publique, au croisement du religieux, du politique et du judiciaire.
