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RDC : Vital Kamerhe demande pardon à ses collègues députés dans un contexte de tension parlementaire

La rentrée parlementaire en République démocratique du Congo s’annonce déjà sous haute tension.

Ce lundi, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a adressé un message de pardon à ses collègues députés, alors qu’il fait face à des menaces de destitution.

« S’il y en a parmi vous qui se sont sentis froissés, heurtés ou dérangés de quelque manière que ce soit par ma conduite ou mes propos, qu’ils daignent accepter l’expression de mes regrets les plus sincères, et j’implore leur pardon », a déclaré Vital Kamerhe.

Un rappel historique accompagne sa déclaration : « Le conflit avec le Rwanda m’a déjà coûté, à l’époque, le perchoir de l’Assemblée nationale », a-t-il précisé, soulignant les enjeux politiques qui pèsent sur sa position actuelle.

Des mesures favorables aux députés

Malgré les tensions, le bureau Kamerhe a répondu favorablement à plusieurs revendications phares des députés nationaux et de leurs assistants parlementaires, notamment :

  • Une augmentation notable de la rémunération des députés, passant de 15 750 USD à près de 20 000 USD, avec deux nouvelles rubriques représentant un supplément de 4 000 USD (soit 11,7 millions de francs congolais).

  • La nomination des assistants parlementaires, avec 7 des 8 revendications principales satisfaites.

  • La régularisation des pensions pour les députés honoraires affiliés au Service de Sécurité Sociale des Parlementaires (SESOPA), leur assurant désormais le versement complet et régulier de leur pension mensuelle.

Ces mesures interviennent alors que la session budgétaire 2025 s’ouvre dans un climat déjà tendu, avec des pétitions visant la destitution des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, Vital Kamerhe et Jean-Michel Sama Lukonde, ainsi que des membres de leurs bureaux.

Une fronde interne à la majorité

À l’origine de cette fronde figurent deux députés de l’UDPS, le parti présidentiel, dénonçant un retard ou blocage présumé du contrôle parlementaire, un manque de transparence, dix mois d’arriérés dans les frais de fonctionnement et une couverture médicale jugée insuffisante pour les élus. La pétition, menée par Crispin Mbidule, ancien membre de l’UNC, a déjà réuni plus de la moitié des signatures des 500 députés de l’Assemblée nationale.

Alors que le gouvernement soumet aujourd’hui son projet de budget à l’Assemblée, la session risque d’être ralentie par ces tensions internes, illustrant des frictions explosives au sein de la majorité qui soutient le président Félix Tshisekedi.

Vital Kamerhe, tout en implorant le pardon de ses collègues, reste au cœur d’un défi politique majeur, où la stabilité de son bureau et la bonne marche du Parlement pourraient être remises en question dans les jours à venir.

 

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