RDC : Quand la souffrance du peuple cède la place aux querelles politiques à l’Assemblée nationale
Lors de la plénière de ce mardi à l’Assemblée nationale, le député Justin Bitakwira a tenté d’attirer l’attention de ses collègues sur la situation dramatique dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Il a voulu évoquer les tueries et massacres qui continuent d’endeuiller la population. Mais ses interventions ont été interrompues : les élus ont insisté pour revenir au sujet principal de la journée, les pétitions visant certains membres du Bureau. Face à cette pression, l’élu du Sud-Kivu a fini par céder son temps de parole.
Cette scène a suscité l’indignation de nombreux citoyens.
Pour Boris Mwali, « les députés qui n’ont rien à foutre du peuple, c’est triste ».
Aimé Tekebana renchérit : « Constatons nous-mêmes quels députés avons-nous dans cette assemblée. La mort ou les souffrances du peuple ne sont pas leur souci. La priorité, ce sont les émoluments, les guerres politiques de positionnement, les avantages. Avec la crise actuelle, peuvent-ils jouer à de telles comédies ? »
Pendant que les Congolais attendent des réponses sur la sécurité et les conditions de vie, l’Assemblée nationale se prépare à une session houleuse. Le Premier vice-président, Jean Claude Tshilumbayi, a convoqué l’ensemble des députés à une plénière ce mercredi 17 septembre 2025 à 14h00, dans la Salle de Congrès du Palais du Peuple.
À l’ordre du jour : la mise en place d’une commission spéciale chargée d’examiner les pétitions introduites contre certains membres du Bureau. Cette démarche se fonde sur l’article 32, alinéa 2, du Règlement intérieur de l’Assemblée.
Le Bureau a en effet été officiellement saisi par plusieurs élus qui exigent des comptes à leurs pairs. Une session tendue s’annonce, où les préoccupations politiques semblent encore une fois prendre le pas sur les drames humains qui secouent le pays.
