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RDC : l’AFC-M23 accuse l’armée de « crimes de guerre » et annonce une riposte militaire

L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a publié, le 19 septembre 2025, un communiqué accusant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’avoir « bombardé » plusieurs localités — Bibwe, Chytso, Hembe, Nyange et leurs environs — à l’aide d’un drone CH-4 et de rotations d’un Sukhoi-25.

Dans ce texte, le mouvement se dit « dès à présent en état de légitime défense » et s’engage « solennellement à protéger et défendre notre peuple sans relâche, à éliminer toute menace à sa source ».

Ce que dit le communiqué

L’AFC/M23 décrit les attaques aériennes comme des « massacres » et des « crimes de guerre » et accuse Kinshasa d’avoir « délibérément saboté » les efforts de médiation — notamment ceux menés à Doha — en choisissant la voie militaire plutôt que le dialogue. Le communiqué appelle également la communauté internationale à rompre « le silence coupable » qu’il impute aux institutions humanitaires et aux défenseurs des droits humains. 

Contexte militaire et diplomatique

Les accusations interviennent alors que l’est de la RDC connaît depuis plusieurs mois une forte intensification des combats entre l’AFC/M23 et les forces gouvernementales, avec des fronts actifs dans des zones stratégiques comme Walikale, Masisi et autour de Goma.

Les tensions ont persisté malgré plusieurs tentatives de médiation internationales — dont des initiatives pilotées par le Qatar et les États-Unis — et des accords partiels signés cet été. Des sources internationales et médiatiques ont documenté des renforcement de positions et des affrontements réguliers entre M23, les FARDC et des groupes d’autodéfense. 

Vérification des faits et responsabilité des allégations

À ce stade, certaines allégations contenues dans le communiqué — en particulier l’emploi précis d’un drone CH-4 et d’un Sukhoi-25 sur des localités données — sont rapportées par des comptes locaux et des relais d’information sur le terrain ; elles demandent une confirmation indépendante par des organisations humanitaires, des observateurs militaires ou des missions onusiennes présentes dans la région.

Les forces gouvernementales et les porte-parole officiels de Kinshasa n’avaient pas, au moment de la publication de cet article, apporté de réaction publique détaillée aux accusations formulées par l’AFC/M23. 

Conséquences humanitaires et inquiétudes

Les raids aériens sur des zones densément peuplées — si confirmés — soulèvent de graves préoccupations humanitaires : risques de victimes civiles, déplacement de populations, entrave à l’accès des acteurs humanitaires et aggravation d’une crise qui a déjà provoqué des millions de déplacés dans l’est de la RDC. Des rapports récents font état d’un accroissement des déplacements et d’un impact croissant sur les civils pris entre les lignes de front.

La communauté internationale suit de près l’évolution du conflit. Dans le passé, des organisations régionales comme la SADC ainsi que l’ONU ont pris position sur des allégations de violations et demandé la retenue des parties. Le communiqué de l’AFC/M23, qui dénonce le « silence coupable » d’acteurs internationaux, risque d’exacerber les demandes d’enquête indépendante et d’intervention diplomatique pour empêcher une escalade supplémentaire. 

 

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