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RDC : Vital Kamerhe sous pression, la commission spéciale juge recevables les pétitions pour sa destitution

La crise s’intensifie à l’Assemblée nationale. Ce dimanche 21 septembre 2025, la commission spéciale temporairechargée d’examiner les pétitions contre les membres du bureau a déclaré ces dernières recevables sur la forme, y compris celle visant directement le président de la Chambre basse, Vital Kamerhe.

Malgré les irrégularités soulevées par son équipe, le verdict est tombé : 16 voix pour, 5 contre et 1 abstention. Les travaux de la commission se poursuivent dès ce lundi avec l’examen au fond des pétitions, ouvrant la voie à une possible mise au vote en plénière. « Le débat de fond commence bientôt. Plus rien ne pourrait entraver le passage au vote en plénière », a confié un membre de la commission.

Kamerhe, du stratège au contesté

Autrefois considéré comme un habile négociateur et un homme de compromis, Vital Kamerhe voit son image ternie depuis son accession au perchoir. Plusieurs députés l’accusent d’être devenu autoritaire, distant et opaque dans sa gestion.

Le personnel de l’Assemblée nationale dénonce également des retards de salaires, des arriérés impayés, la suspension de soins médicaux et un climat de marginalisation. Les griefs portés contre lui sont nombreux :

  • gestion financière jugée opaque ;

  • non-respect du règlement intérieur ;

  • faible productivité législative ;

  • voyages coûteux avec de fortes délégations.

Une pétition en faveur de sa destitution circule déjà et aurait recueilli plus de 200 signatures, largement au-delà du seuil requis de 125.

Rivalités et soupçons d’alliances troubles

Au-delà de la gestion interne, la loyauté de Vital Kamerhe envers le président Félix Tshisekedi est ouvertement remise en question. Certains députés pointent du doigt ses rapprochements supposés avec l’ancien président Joseph Kabila et d’autres figures de l’opposition. Des alliances jugées douteuses par ses détracteurs, surtout en pleine crise sécuritaire marquée par l’agression attribuée au Rwanda voisin via le M23.

Pour ses partisans, cette offensive n’est qu’un règlement de comptes politique. « Avec un Kazadi à la tête de la commission, on ne pouvait que s’attendre à ce résultat. Il ne reste qu’un Tshilumbayi pour clore l’affaire et l’UDPS aura accompli sa mission », a ironisé Aliki Mambire, membre de l’UNC.

Un avenir politique en suspens

Vital Kamerhe, qui avait déjà perdu le perchoir il y a 16 ans sous Joseph Kabila avant de revenir en grâce, joue une partie décisive de sa carrière. La session parlementaire ouverte ce lundi pourrait sceller son sort.

Celui qui fut surnommé « l’homme de compromis » est désormais accusé d’être devenu « l’homme de compromission ». Entre désaveu politique, rupture avec ses alliés et pétitions explosives, son avenir à la tête de l’Assemblée nationale reste plus incertain que jamais.

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