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Le clan Bandubola, nouvelle mafia du pétrole congolais ?

Le climat se tend dans l’industrie pétrolière congolaise. Des opérateurs du secteur dénoncent ce qu’ils qualifient de « pratiques mafieuses et de corruption systémique » au sein du ministère d’État des Hydrocarbures, dirigé par Acacia Bandubola.

Dans une lettre adressée aux autorités congolaises, un groupe d’acteurs pétroliers tire la sonnette d’alarme sur une gouvernance jugée opaque et dangereuse pour la stabilité économique et la sécurité nationale du pays.

Selon ce document, l’arrivée de Mme Bandubola à la tête du ministère aurait accentué les dérives déjà observées lors de ses précédents mandats à l’Économie nationale et aux Affaires foncières. Les signataires parlent d’un ministère transformé en « marché parallèle », où toute approbation de dossier serait conditionnée à des paiements illicites.

« L’approbation de projets ou d’importations se monnaye désormais ouvertement. Cela contredit les principes de transparence et d’intégrité morale que requiert ce poste stratégique », déplore un opérateur pétrolier sous couvert d’anonymat.

Des soupçons de collusion et des risques pour la sécurité nationale

Les pétroliers pointent également du doigt la récente rencontre entre la ministre Bandubola et des hommes d’affaires somaliens suspectés d’entretenir des liens avec le mouvement terroriste Al-Shebab.
Selon plusieurs sources proches du dossier, cette réunion aurait eu lieu malgré des avertissements de l’Agence nationale de renseignements (ANR) et des ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur. Ces contacts sont jugés préoccupants par certains observateurs, qui évoquent « un risque grave pour la sécurité nationale ».

Herman Mbonyo, un directeur de cabinet au passé controversé

Au cœur des critiques, le nom de Herman Mbonyo, nommé récemment directeur de cabinet de la ministre.
Ancien directeur général de la Sonas, Mbonyo traîne une longue histoire judiciaire. Condamné en 2009 pour détournement de fonds publics, il aurait également été impliqué dans d’autres affaires de mauvaise gestion, notamment lors des Jeux africains d’Alger en 2018, où il avait quitté le pays dans la controverse.

Son retour sur la scène publique, cette fois à la tête du cabinet des Hydrocarbures, suscite l’indignation. D’après plusieurs témoins internes au ministère, Mbonyo exigerait des paiements informels de 5 dollars par tonne de produit pétrolier pour accélérer les autorisations d’importation.

« Avec Mbonyo, la file d’attente au port de Banana ne veut plus rien dire. Celui qui paie passe en premier », dénonce un professionnel du secteur.

Des sources affirment également que certains investisseurs seraient orientés vers le cabinet juridique de l’épouse de Mbonyo, soulevant des soupçons de conflit d’intérêts.

Des répercussions lourdes sur la gouvernance du secteur

Pour les acteurs pétroliers, la gestion actuelle du ministère met en péril la crédibilité internationale de la République démocratique du Congo.
Ils alertent sur un climat de méfiance généralisée entre investisseurs, un affaiblissement de l’autorité de l’État et une détérioration des mécanismes de régulation.

« Si rien n’est fait, la gouvernance du secteur pétrolier risque de basculer dans une zone grise où la corruption devient la norme », peut-on lire dans la lettre transmise aux autorités.

Appel à une enquête et à une réforme d’urgence

Plusieurs organisations professionnelles et associations d’entrepreneurs demandent l’ouverture d’une enquête indépendante sur les pratiques du cabinet Bandubola et de son entourage.
Elles exhortent également le gouvernement à instaurer des mécanismes de contrôle renforcés et à replacer la transparence au cœur de la gestion des ressources énergétiques du pays.

Pour l’heure, le ministère des Hydrocarbures n’a pas encore réagi publiquement à ces allégations.
Mais selon plusieurs sources internes, la tension est palpable et de nouveaux témoignages pourraient être rendus publics dans les prochains jours.

 

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