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Quand Tshisekedi tend la main pour la paix, Kagame dévoile le vrai visage de l’agresseur

À Bruxelles, lors du Global Gateway Forum (9-10 octobre 2025), le président Félix Tshisekedi a posé un geste spectaculaire et chargé d’histoire : s’adresser directement à son homologue rwandais Paul Kagame pour « tendre la main » et appeler à l’arrêt des hostilités menées par le M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.

Son message était simple et solennel : il est temps que Kigali ordonne l’arrêt de l’escalade et que l’on fasse primer l’intérêt des peuples sur les logiques de guerre. 

La riposte de Kigali ,froide, dédaigneuse, et rapidement diffusée par des porte-parole ,n’a pas seulement rejeté l’appel : elle a rendu visible aux yeux du monde ce que nombre d’observateurs dénoncent depuis des années : la persistance d’un jeu d’ingérences et d’intérêts géostratégiques qui transforme l’Est congolais en champ de bataille humanitaire.

En renvoyant la main tendue comme si elle n’était qu’un geste théâtral, la réponse de Kigali a confirmé, pour beaucoup, la thèse d’un « envahisseur guerrier » prêt à instrumentaliser l’instabilité pour des objectifs qui lui sont propres. 

André Flahaut, ancien ministre d’État et ancien président de la Chambre des représentants de Belgique, ne s’y trompe pas : l’Europe ne doit pas se laisser distraire par d’autres urgences au point d’oublier la guerre qui déchire l’est de la RDC.

Il rappelle que le respect du droit international ne peut pas s’appliquer à deux vitesses et que la communauté internationale a la responsabilité d’agir pour protéger les populations civiles. 

Sur le terrain politique congolais, la main tendue de Tshisekedi provoque des réactions contradictoires ,mais pour beaucoup, c’est un acte de responsabilité.

Joseph Tshibanga résume le sentiment populaire : « La main tendue du Président Tshisekedi est un acte de responsabilité et de volonté de paix.

Le rejet méprisant de Kagame ne fait que confirmer ce que le peuple congolais sait depuis longtemps : le véritable fauteur de guerre, c’est le régime de Kigali.

Il est temps que la communauté internationale cesse de détourner le regard. La RDC a besoin d’actions concrètes, pas de silence complice.

La paix ne viendra pas sans justice. » Ces mots traduisent la colère et l’impatience d’une population qui a payé le prix fort — morts, déplacements massifs, pillages et destructions — pendant que la diplomatie piétine.

D’autres voix, comme celle de Chris Djembo, prennent une tonalité plus dure : « Les États sont des monstres froids ; si l’intérêt du Rwanda est l’instabilité de l’Est du Congo, ne l’attendons pas pour arrêter, il ne le fera jamais. Il faut démontrer notre force dissuasive. »

Qu’on adhère ou non à cette ligne, elle atteste d’un épuisement et d’une perte de confiance dans les seules démarches diplomatiques quand elles ne sont pas suivies d’un encadrement international robuste et crédible.

Pourquoi cette scène bruxelloise compte vraiment

  1. Elle remet la question congolo-rwandaise sur le devant de la scène internationale, hors des cercles de diplomatie discrète où les résultats ont été fragiles. 

  2. Elle expose la fragilité des accords précédents et la méfiance réciproque : Doha, Luanda et d’autres tentatives ont produit des pauses mais pas de solution durable. La rencontre de Doha en 2025 avait marqué une amorce de dialogue, mais le chemin vers une paix stable reste semé d’embûches. 

  3. Elle interroge la responsabilité collective : l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne et les États moteurs doivent choisir entre observer, temporiser ou imposer des mécanismes de vérification, de sanctions et de protection civile capables de changer le rapport de forces sur le terrain. 

Que faire maintenant ? (trois priorités)

  • Exiger, et vérifier, un désengagement réel : des mécanismes indépendants de vérification sur le terrain, avec accès humanitaire garanti.

  • Conditionner les relations diplomatiques et économiques : transparence et conséquences claires si des États soutiennent des groupes armés.

  • Porter la justice et la protection des civils au-dessus des intérêts immédiats : enquêtes crédibles sur les crimes de guerre et dispositifs concrets d’assistance aux populations déplacées.

La main tendue de Tshisekedi était, avant tout, un appel à l’histoire : la moindre des réponses attendues était la dignité d’un retrait et l’ouverture à la vérité.

Que la réponse de Kagame ait été perçue comme « indigne » par tant de voix et ait réveillé chez d’autres le sentiment d’un véritable visage de l’agresseur , impose une urgence morale et politique. Il ne suffit plus de paroles.

L’heure est aux actes, à la justice et à la protection des millions de Congolais qui ne peuvent plus attendre.

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