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Sauvons le Congo” : Minaku se moque du passé et réveille les fantômes du régime Kabila

Une simple phrase, teintée d’ironie, aura suffi à rallumer la flamme des critiques. En voulant répondre avec légèreté aux accusations de plagiat visant le nouveau mouvement « Sauvons la RDC », Aubin Minaku, vice-président du PPRD et proche de l’ancien président Joseph Kabila, a plutôt rouvert de vieilles plaies.

Lors d’une sortie publique, l’ancien président de l’Assemblée nationale a déclaré, non sans sarcasme :

« Un certain prophète, pasteur, bishop ou archevêque aurait, en son temps, lancé une dynamique intitulée Sauvons le Congo. Amemaki Sauvons le Congo ya ngo wapi, to yebite ? »

Une moquerie qui visait l’archevêque Kutino Fernando, fondateur du mouvement Sauvons le Congo au début des années 2000, et farouche opposant au régime Kabila — un homme qui avait passé plus de huit ans derrière les barreaux, condamné pour son engagement politique.

Une sortie jugée “maladroite” et provocatrice

Pour Alvin Kombo, observateur politique congolais, la déclaration de Minaku est « une erreur stratégique et morale » :

« Il n’a pas été sage de répondre à cette question. Il vient d’allumer le projecteur des critiques sur leur propre régime. Sauvons le Congo n’a pas commencé avec Kutino, mais avec Kabila père. En plus, Sauvons le Congoet Sauvons la RDC sont deux approches différentes. »

Ce rappel maladroit, selon lui, ne fait que réveiller la mémoire collective d’un peuple qui n’a pas oublié les années de répression politique.

L’ironie d’un ancien du système Kabila

Le journaliste Litsani Shoukran a, lui, vivement réagi à ce qu’il qualifie de « séquence hallucinante d’une légèreté incroyable » :

« Aubin Minaku ose se moquer du pasteur Kutino Fernando, un homme que son régime a pourtant fait croupir en prison pendant huit ans pour avoir lancé Sauvons le Congo. Ironie du sort : c’est ce même Minaku qui traite aujourd’hui Félix Tshisekedi de dictateur, alors qu’il s’exprime librement, contrairement à Kutino, qui avait failli y laisser sa vie. »

Pour le journaliste, cette déclaration illustre le double standard flagrant entre l’époque de Kabila et celle d’aujourd’hui :

« Voilà la différence entre le sort réservé à un Congolais qui crée un mouvement contre Tshisekedi, et celui qu’on infligeait à celui qui osait s’opposer à Kabila. »

Une arrogance qui rappelle les vieux démons du pouvoir

Les réactions s’enchaînent sur les réseaux sociaux, où de nombreux Congolais dénoncent une provocation inutile et un manque de respect pour les victimes de la répression politique.

Ceux qui espéraient que la plateforme Sauvons la RDC symboliserait un renouveau démocratique voient désormais dans cette sortie un aveu d’arrogance et une amnésie politique inquiétante.

« Se moquer de ceux qui se sont battus et ont payé le prix fort pour la démocratie, c’est insulter l’histoire et mépriser la souffrance du peuple », conclut Litsani Shoukran.

Dans un pays où la mémoire politique reste vive et où les cicatrices de l’ancien régime ne se sont pas encore refermées, Aubin Minaku vient, sans doute involontairement, de réveiller les fantômes du passé.

 

Commentaires (Total : 1)

C
Caleb abanda LM2 29/10/2025 11:37:10

Vraiment Courage pour cette idée. mais quel congo voulez Vous souvez et sur quoi ??

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