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RDC : La souveraineté congolaise mise à l’épreuve par l’annonce de Macron sur Ouverture de l’aéroport de Goma

Lors de la Conférence de Paris sur la crise humanitaire dans les Grands Lacs, Emmanuel Macron a annoncé l’ouverture prochaine de l’aéroport de Goma aux vols humanitaires, accompagnée de la création de corridors humanitaires.

Le président français a insisté sur le « respect de la souveraineté de la RDC ». Une précision qui n’a pourtant pas convaincu les observateurs congolais.

Pour Buhendwa Ombeni, cette mention n’est qu’un habillage diplomatique : « Dans le respect de la souveraineté de la RDC signifie précisément que ces vols dits humanitaires, limités aux petits porteurs et exclusivement autorisés de jour, resteront strictement encadrés et soumis à l’autorisation préalable des autorités congolaises. Aucune initiative ne saurait échapper à la vigilance du gouvernement congolais. Vous voyez ce que je veux dire ! »

Cette annonce suscite aussi des interrogations sur la légitimité de Macron à prendre de telles décisions : « Emmanuel Macron annonce la réouverture de l’aéroport de Goma… en tant que qui ? », s’interroge un citoyen congolais, exprimant le scepticisme d’une partie de la population face à ce qu’elle perçoit comme une ingérence occidentale.

Heri Bitamala va plus loin : « La souveraineté du Congo ne se négocie pas à Paris. Goma n’est pas un laboratoire d’expérimentation géopolitique pour les puissances occidentales, mais une ville martyre d’un peuple qui résiste à la balkanisation. » Une déclaration qui rappelle la fragilité de la région et le traumatisme d’un peuple confronté depuis des décennies aux conflits armés et aux ingérences étrangères.

Le contexte humanitaire reste dramatique : selon Emmanuel Macron lui-même, « une femme est violée toutes les 4 minutes et un enfant toutes les 30 minutes » dans la région. Mais pour de nombreux Congolais, l’urgence ne peut justifier qu’un acteur extérieur décide unilatéralement des modalités d’accès à leur territoire.

Cette tension entre aide humanitaire et respect de la souveraineté illustre le délicat équilibre auquel doivent faire face les acteurs internationaux intervenant dans les crises complexes des Grands Lacs. La réouverture de l’aéroport de Goma, si elle est mal perçue ou mal gérée, pourrait devenir un symbole de domination déguisée plutôt qu’un outil d’assistance humanitaire.

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