Image Post

Aimé Boji, l’arme secrète de Tshisekedi contre Kamerhe

Désignation d’Aimé Boji : la goutte de trop pour l’UNC ?

La désignation d’Aimé Boji Sangara comme candidat à la présidence de l’Assemblée nationale par le président Félix Tshisekedi continue d’enflammer la scène politique congolaise. En cause : l’absence de consultation du partenaire politique de longue date du chef de l’État, Vital Kamerhe, et de son parti, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC).

Alors que plusieurs observateurs pensaient que la coalition Union Sacrée de la Nation (USN) avait retrouvé une stabilité après les dernières tensions, ce choix présidentiel vient raviver les fractures internes.

« Nous attendions sa décision. Après vérification, il a décidé. Sans engager une quelconque organisation politique, je prends acte du choix de mon compagnon de lutte, le camarade Aimé Boji Sangara », a déclaré sobrement Didier Kamerhe, frère biologique et memebre de l'UNC , tentant de calmer les esprits tout en soulignant que leur parti n’avait pas été consulté.

Mais quelques jours plus tôt, Didier Kamerhe, proche du leader de l’UNC, sonnait déjà l’alarme :

« Sauf consécration du gangsterisme politique dans l’USN, la Haute Autorité Morale ne peut pas imposer aux 500 députés la ‘candidature unique’ d’un député membre d’un parti de l’USN qui n’a pas eu la moindre courtoisie de solliciter l’accord de son parti pour ce poste. »

Une déclaration qui illustre un profond malaise au sein de la majorité présidentielle, où certains dénoncent une dérive autoritaire de la part du camp Tshisekedi.

Des accusations qui enflent dans le Sud-Kivu

Sur les réseaux sociaux, la colère gronde particulièrement dans le fief politique de Kamerhe. De nombreux militants du Sud-Kivu dénoncent une stratégie délibérée de déstabilisation de l’UNC.

« Depuis longtemps, nous, Sud-Kivuciens, savons que la présence de Boji à l’UNC, c’est pour diviser le parti et affaiblir Mwalimu », écrit un internaute de Bukavu.

Certains vont encore plus loin, accusant Félix Tshisekedi de préparer une modification constitutionnelle pour s’éterniser au pouvoir, tout en négligeant la pacification du pays.

« Le vrai ennemi de ce pays, c’est Fatshi lui-même, pas le M23 », s’emporte un autre commentaire viral.

L’UNC à la croisée des chemins

Dans le Sud-Kivu, les opinions divergent. Si certains continuent de défendre Vital Kamerhe, d’autres estiment que son influence s’effrite au profit de nouveaux leaders locaux.

« VK a récolté le fruit de son inaction. Le Sud-Kivu lui a tout donné, mais qu’a-t-il fait pour nous ? Le seul vrai leader aujourd’hui, c’est Aimé Boji », tranche Moïse Kalala, originaire de Walungu.

Une fracture aux conséquences nationales

Entre loyauté trahie, ambitions personnelles et luttes régionales, la désignation d’Aimé Boji pourrait marquer un tournant majeur dans la relation entre Tshisekedi et Kamerhe. Ce dernier, longtemps considéré comme l’allié le plus fidèle du président, voit désormais son parti divisé et son influence remise en cause.

Alors que la présidence de l’Assemblée nationale reste un poste hautement stratégique dans la perspective d’une éventuelle révision constitutionnelle, la manœuvre de Tshisekedi apparaît pour certains comme un coup de force politique, pour d’autres comme une simple realpolitik.

Une chose est sûre : la fracture entre le Palais de la Nation et l’UNC est désormais ouverte — et risque de redessiner le paysage politique congolais dans les mois à venir.

 

laissez votre commentaire