Le M23 selon Kigali est un mouvement tutsi : Et si Corneille Nangaa découvrait enfin qu’il n’est qu’un pion ?
Quand le patriotisme se confond avec la naïveté
Depuis que Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et d’autres figures congolaises justifient ou glorifient la montée du M23 comme une prétendue « lutte patriotique », une partie de l’opinion congolaise s’égare dangereusement. Derrière les discours d’honneur et de libération nationale se cache une réalité beaucoup plus brutale : celle d’un mouvement instrumentalisé, où la souveraineté congolaise s’effrite au profit d’agendas étrangers.
Kigali parle, et tout devient clair
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a récemment déclaré sur TV5 Monde que « le M23 est un groupe représentant une communauté rwandophone, en particulier les Tutsi congolais marginalisés et persécutés pendant des années ». Autrement dit, selon Kigali, le M23 n’est pas un mouvement « national » multicommunautaire comme veulent le faire croire Nangaa et ses partisans, mais bien une émanation d’une seule communauté, vue par le Rwanda comme injustement exclue.
Cette sortie officielle sonne comme une gifle pour ceux qui, au Congo, se sont autoproclamés porte-voix du M23 au nom d’un nationalisme trompeur. Si même Kigali admet que le M23 se veut la représentation d’un groupe spécifique de « Tutsis congolais », où se situent donc Nangaa et ses alliés dans cette équation ? Défendent-ils encore le Congo, ou un projet qui les dépasse ?
Un soutien rwandais désormais indéniable
Les faits, eux, ne mentent pas. Des rapports du Conseil de sécurité de l’ONU et de nombreuses enquêtes internationales établissent clairement la présence de troupes rwandaises combattant aux côtés du M23. Les zones minières sous contrôle rebelle — notamment à Rubaya — servent aujourd’hui de réservoirs de financement pour la machine de guerre.
Parler encore d’un « mouvement congolais » relève de la mauvaise foi. Car dès lors qu’un groupe armé dépend d’un État voisin pour son existence, il cesse d’être un acteur national pour devenir un instrument régional.
Le piège de la victimisation identitaire
Qualifier le M23 de « mouvement des Tutsi marginalisés » est une stratégie habile : elle habille un projet militaire d’un discours humanitaire et détourne l’attention des intérêts géopolitiques en jeu. C’est cette confusion que des Congolais comme Corneille Nangaa exploitent, volontairement ou non, en présentant le M23 comme une réponse à des injustices internes.
Mais à force de vouloir corriger l’histoire par les armes, on risque de la répéter dans le sang. Et cette fois, c’est tout un peuple qui paie le prix.
Un patriotisme à géométrie variable
À ceux qui acclament encore le M23, la question est simple :
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Qui commande réellement sur le terrain ?
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Qui fournit les armes, la logistique et le renseignement ?
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Et surtout, qui profite des minerais extraits dans les zones rebelles ?
Si la réponse à chacune de ces questions mène à Kigali, alors le prétendu patriotisme devient une trahison.
Le devoir de lucidité
L’heure n’est plus aux slogans creux. Le vrai patriotisme n’est pas de suivre aveuglément ceux qui crient « libération » tout en ouvrant les portes du pays à des forces étrangères. Le vrai courage, c’est de défendre la souveraineté congolaise sans compromis, de refuser d’être manipulé au nom de causes inventées, et de bâtir la paix sur la vérité.
Corneille Nangaa et ceux qui pensent comme lui devraient méditer cette phrase : quand l’ennemi te félicite pour ton combat, c’est que tu combats pour lui.

Commentaires (Total : 2)
Jean Pierre KABUYA
Vraiment
Nchiko raymond
Lorsque le vase déborde, il est difficile de ramasser l'eau, dit-on! La vérité finit toujours par triompher et rira bien qui rira le dernier.