Damso explose : « La corruption est la langue officielle du régime Tshisekedi »
« La corruption est devenue la langue officielle du pays. » Ces mots du rappeur belgo-congolais Damso résonnent comme une gifle adressée au pouvoir de Félix Tshisekedi.
Dans un message devenu viral sur les réseaux sociaux, l’artiste dénonce avec une rare franchise la dérive morale et institutionnelle qui mine la République démocratique du Congo depuis plusieurs années.
« Chaque rapport de l’Inspection Générale des Finances est un scandale étouffé. Tout le monde sait. Tout le monde se tait. Tout le monde profite. »
Pour Michel Bakadi, observateur de la scène politique congolaise, les paroles de Damso traduisent « ce que beaucoup pensent tout bas sans oser le dire ». Selon lui, il faut un certain courage pour interpeller ainsi le pouvoir en place, surtout dans un contexte où la critique est souvent mal perçue.
Une promesse d’État de droit trahie
Damso rappelle au président Tshisekedi ses promesses de 2019, celles d’un État de droit et d’une justice indépendante. Mais la réalité, selon le rappeur, en est bien loin :
« Monsieur le Président, vous aviez promis un État de droit, mais la justice est devenue un marché. Elle ne juge plus, elle négocie. Elle protège les puissants et écrase les pauvres. Nos prisons sont pleines de voleurs de pain, tandis que les voleurs du pays écrivent les lois. »
Ces mots mettent à nu un sentiment largement partagé par la population congolaise : la justice semble désormais servir les élites, tandis que les plus vulnérables subissent sans recours.
Une corruption plus visible que jamais
Sous le mandat de Félix Tshisekedi, plusieurs affaires de détournements de fonds publics ont éclaté, souvent révélées par l’Inspection Générale des Finances (IGF). Pourtant, peu de sanctions concrètes ont suivi.
Damso ne mâche pas ses mots :
« Vous aviez promis la fin de la corruption. Mais elle n'a jamais été aussi visible et aussi arrogante. Elle a changé de costume mais pas de visage. Elle siège dans les ministères, signe les décrets et se cache derrière les alliances politiques. Pendant ce temps, le peuple crie et personne ne répond. »
Une colère partagée par la jeunesse
Le message de Damso trouve un écho particulier auprès de la jeunesse congolaise, fatiguée de voir les mêmes visages s’enrichir pendant que les conditions de vie stagnent. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes saluent la « parole libre » de l’artiste, symbole d’une génération qui refuse de se taire.
Si le pouvoir de Kinshasa n’a pas officiellement réagi, le texte de Damso continue de circuler, alimentant un débat nécessaire sur la gouvernance, la justice et la dignité.
Dans un pays où « la corruption est devenue une habitude culturelle », selon les mots du rappeur, le silence n’est plus une option.
