RDC : Mgr Fulgence Muteba (CENCO) plaide pour un vrai dialogue congolais
« Nous pouvons aller à Washington, à Doha, à Paris, mais les véritables enjeux se jouent sur place. Ce sont les Congolais eux-mêmes qui doivent se rassembler autour d’une table selon le schéma que nous avons tracé », affirme Mgr Fulgence Muteba Mugalu, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), soulignant l’importance d’un dialogue interne pour la paix en République démocratique du Congo.
Pour Tristan Ngamije, cette vérité est évidente : le dialogue entre Congolais est indispensable, mais il doit reposer sur un leadership honnête et responsable.
« Depuis des années, chaque initiative de paix, de Nairobi à Doha, a été sapée non pas par un manque de bonne volonté internationale, mais par le refus de Kinshasa d’affronter ses propres échecs de gouvernance », explique-t-il.
Selon lui, le problème n’est pas l’absence de solutions, mais le rejet systématique de celles-ci par les dirigeants. Tant que ceux au pouvoir continueront à transformer chaque effort de paix en théâtre politique, aucune conférence internationale ne pourra changer la réalité sur le terrain.
Jacques Dubois s’interroge : « Pourquoi les Congolais aiment-ils tant les négociations, tables rondes et concertations, alors que ces rencontres manquent souvent des véritables acteurs nécessaires pour produire des résultats ? »
Mais tous ne partagent pas cet optimisme envers le dialogue. Rocky Mutombo est plus sceptique :
« Voilà pourquoi la RDC tourne en rond. Des membres du RCD, comme Deli Sesanga ou Moïse Nyarugabo, après avoir commis des crimes, sont aujourd’hui libres grâce aux dialogues. Le M23 et l’AFC doivent subir la rigueur de la loi afin d’éduquer les futures générations au respect de la République », affirme-t-il.
Entre espoirs et frustrations, le débat sur le dialogue congolais reste ouvert. La question qui plane est simple : le dialogue peut-il réellement conduire à une paix durable, ou est-il devenu un simple outil politique qui perpétue les impasses ?
