RDC : De “sauveur” à “traître” ,la descente aux enfers du général Masunzu »
Selon nos informations, le général Pacifique Masunzu et son adjoint Bwange Safari ont été interpellés ce dimanche à Kisangani avant d’être transférés sous haute escorte à Kinshasa.
Le chef d’état-major Jules Banza, présent sur place, leur reproche la prise de Nzibira par les rebelles de l’AFC/M23.
Cette arrestation marque un tournant inattendu dans la hiérarchie militaire congolaise, alors que les défaites s’enchaînent dans l’Est du pays.
De héros à bouc émissaire ?
Le général Masunzu n’est pas un inconnu. À son arrivée à la tête des opérations dans le Sud-Kivu, il avait été présenté comme le rempart national face aux ambitions de Paul Kagame.
Sa nomination avait été saluée par plusieurs figures du régime Tshisekedi et par une partie de la population, convaincue qu’il était “l’homme qu’il fallait, au moment qu’il fallait.”
Mais la réalité du terrain a vite rattrapé la légende.
Malgré les moyens mis à sa disposition, Masunzu n’a pas réussi à stopper l’avancée du M23, ni à stabiliser les zones de Kabare, Kalehe et Nyiragongo.
« Tu ne peux pas trahir tes frères et sœurs et espérer la paix », a réagi Kyungu Tambwe, dénonçant la dérive communautaire qui aurait entaché ses opérations.
Une figure controversée
Proche du régime, Masunzu aurait, selon plusieurs sources, ciblé les communautés banyamulenge et tutsie congolaisesdans ses campagnes militaires, alimentant des tensions ethniques déjà explosives.
Ce positionnement lui a valu autant d’alliés que d’ennemis.
Pour ses détracteurs, son échec militaire était prévisible : “la haine ne peut pas gagner une guerre”, lâche un officier sous couvert d’anonymat.
L’ascension d’un symbole brisé
Le jour de sa nomination, Masunzu était devenu une véritable célébrité.
Les médias pro-gouvernementaux le présentaient comme le futur “nettoyeur de l’Est”.
Même certains leaders religieux, à l’image de Bujiriri, avaient loué “la grandeur et la détermination” de l’homme.
Mais aujourd’hui, le général est tombé de son piédestal.
De héros de la patrie à prisonnier politique ou militaire, le contraste est saisissant.
Silence à Kinshasa
Aucune réaction officielle n’a encore été donnée par la présidence ni par le ministère de la Défense.
Mais cette arrestation, dans un contexte de méfiance croissante au sein des FARDC, illustre les fractures internes d’une armée à la recherche de responsables après chaque revers.
Pour beaucoup d’observateurs, le régime cherche surtout à désigner des coupables plutôt qu’à résoudre la crise structurelle qui gangrène la défense nationale.
