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La foi importée de Washington : nouvelle distraction du pouvoir congolais

Alors que l’Est du pays continue de s’embraser sous les balles des groupes armés, la République Démocratique du Congo semble, une fois encore, s’en remettre à la prière plutôt qu’à l’action.

Ce dimanche, au Centre Culturel et Artistique d’Afrique Centrale (CCAPAC), le président Félix Tshisekedi a pris part à la clôture du sommet de prières patriotiques organisé par l’Église de Réveil du Congo (ERC).


Parmi les invités de marque : la Révérende Paula White-Cain, proche conseillère spirituelle de Donald Trump, et l’archevêque Nicolas Duncan-Williams du Ghana.

Une scène que beaucoup d’observateurs considèrent comme symptomatique d’un endormissement politique sous couvert de spiritualité, au moment où la nation aurait surtout besoin de stratégie militaire, d’unité diplomatique et d’alliances solides face à l’agression à l’Est.

La foi comme diversion ?

« La RDC n’a pas besoin de prières, elle a besoin d’armes et de l’appui militaire comme l’Ukraine », s’indigne Glody Makela, analyste politique.
Selon lui, l’invitation d’évangélistes américains au sommet de Kinshasa n’est rien d’autre qu’un outil du soft power américain, une manière subtile d’étendre l’influence des États-Unis dans un pays riche en minerais stratégiques.

« Autrefois, Tshisekedi avait déjà remis le pays entre les mains de Dieu au stade des Martyrs. Regardez aujourd’hui l’état dans lequel se trouve ce même pays… Les prières n’ont servi à rien », poursuit Makela, désabusé.

Des critiques qui fusent de partout

À Bunia, Mbusa Olivier abonde dans le même sens :

« Dans tout cela, les caisses de l’État ont encore saigné, comme d’habitude. Cette cérémonie n’a rien de spirituel. Vous laissez de côté les véritables hommes et femmes de foi de ce pays pour vous exciter simplement parce qu’il s’agit d’une femme issue du bureau de Trump. »

À Kinshasa, Lazard Kalonji ironise :

« Après cette prière, vous allez détourner encore des millions. Après cette prière, nos frères de l’Est vont rester dans la souffrance. D’autres nations reçoivent des armes, et nous, des pasteurs. Qu’ont-ils de plus que nos éminents serviteurs congolais ? »

Ces voix traduisent un profond malaise : celui d’un peuple qui voit ses dirigeants chercher des bénédictions à l’étranger alors que le sang continue de couler à l’Est.

Une diplomatie en échec ?

Au-delà du symbolisme religieux, cet épisode met en lumière la faiblesse diplomatique du pouvoir congolais, incapable d’obtenir une aide militaire internationale significative malgré les violations flagrantes de son intégrité territoriale.

Pendant que Kyiv reçoit des chars, Kinshasa reçoit des pasteurs.
Pendant que d’autres nations forgent des alliances stratégiques, la RDC se contente de prières médiatisées.

 La foi ne remplace pas la défense nationale

Personne ne remet en cause la valeur spirituelle de la prière. Mais dans un contexte de guerre, elle ne peut se substituer à une politique de défense claire, à une diplomatie cohérente et à une mobilisation nationale.
Comme le dit Glody Makela :

« Les prières n’ont jamais arrêté une balle. Elles n’ont jamais libéré un village occupé. »

La RDC a besoin d’action, pas de distraction.
Et pendant que le pouvoir se perd dans des alliances spirituelles sans portée concrète, les ennemis du pays, eux, avancent avec des armes bien réelles.

 

Commentaires (Total : 1)

C
Cedra cedjo 12/11/2025 10:43:57

"La prièrre change le circonstance" Dieu est capable de tout

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