Crispin Mbindule, de frondeur à victime de son propre jeu politique
Dans le microcosme politique congolais, les retournements de situation ne surprennent plus personne.
Mais certains épisodes restent particulièrement savoureux pour les observateurs : c’est le cas du parcours récent de Crispin Mbindule Mitono, député connu pour son franc-parler et son rôle de chef de file des pétitionnaires ayant exigé le départ de Vital Kamerhe à la tête de l’Assemblée nationale.
Aujourd’hui, Mbindule se retrouve dans une position délicate et presque paradoxale. En initiant une motion pour écarter Kamerhe et voter en faveur de Aimé Boji Sangara, il semble s’être laissé entraîner dans un jeu politique dont il n’est pas maître.
Un “trou noir politique rempli d’épines”, selon certains analystes, où son avenir institutionnel pourrait s’écrire à contre-courant des équilibres internes de la majorité.
Entre discipline de coalition et ambitions personnelles
Le député frondeur s’oppose à la ligne tracée par l’UDPS et la Haute Autorité de l’Union sacrée, prenant le risque d’un isolement politique. Dans ce contexte, où la discipline de coalition est perçue comme un gage de stabilité, ses initiatives sont vues par beaucoup comme maladroites et contre-productives.
Pour Franck Mbuta, l’analyse est sans appel :
« Son rôle était celui de fer à repasser… pour la fête c’est Aimé Boji, j’avale ma haine, Mboso m’a roulé. »
Amani Balola ajoute :
« On dirait que VK [Vital Kamerhe] est resté plus crédible au sein de l’Union sacrée que lui. »
Et Rajabu Masudi se questionne :
« L’aventurier, est-ce qu’il y a une différence entre Kamerhe et Boji ? »
Une anecdote révélatrice d’un pouvoir intransigeant
Le 30 octobre dernier, Mbindule déclarait :
« La coalition des huit candidats à la Présidence de l’Assemblée nationale publiera sous peu un communiqué pour informer clairement l’opinion parlementaire de la RDC sur leur position. Tous les candidats de cette coalition sont signataires de la pétition de déchéance. »
Mais ce qu’on pourrait considérer comme un simple détail arithmétique révèle en réalité une dynamique plus profonde : celle d’un parti au pouvoir qui impose une ligne claire, sans tolérer de dissidence ouverte au moment où l’unité parlementaire est cruciale.
Entre loyauté et ambition personnelle, Crispin Mbindule se retrouve donc à la croisée des chemins, tandis que la majorité a déjà choisi sa route : celle de la cohérence, de la discipline et du respect de la hiérarchie.
Leçon politique
Cet épisode illustre à quel point certains députés peuvent être instrumentalisés dans les jeux de pouvoir, en écartant des figures comme Vital Kamerhe, tout en pensant défendre leurs intérêts.
Une stratégie habile qui souligne que dans la politique congolaise, la loyauté et la discipline de coalition valent souvent plus que l’audace individuelle.

Commentaires (Total : 3)
John manyay
le congo nous resèrve toujours des surprises.mboji kamerhe pas de couleure.
Victoire mapenzi
Les politiciens sont toujours les victimes du temps.
Cishamarha Adolphe
L'action de Mbindule prouve qu'il fait partie de médiocres au sein de l'assemblée Nationale.