RDC : la visite du président israélien Isaac Herzog à Kinshasa dénoncée comme un affront par la LUCHA
Alors qu’Israël poursuit son offensive meurtrière contre la population palestinienne à Gaza et renforce la politique d’apartheid en Cisjordanie occupée, la visite du président israélien Isaac Herzog à Kinshasa a provoqué une onde d’indignation en République démocratique du Congo.
Le président Félix Tshisekedi a accueilli son homologue israélien avec tous les honneurs au Palais de la Nation, une cérémonie qualifiée de “grave affront” par le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement).
Une visite jugée immorale et inopportune
Dans un communiqué au ton sans détour, la LUCHA estime que cette réception officielle insulte la mémoire, la dignité et la conscience du peuple congolais, rappelant que la RDC subit elle-même une guerre d’agression étrangère et plaide depuis des années pour la reconnaissance internationale des crimes commis sur son sol.
« Alors que la RDC fait face à une guerre d’agression étrangère, cette visite est une insulte à notre peuple, à notre histoire et à notre conscience collective », dénonce le mouvement.
Pour la LUCHA, Isaac Herzog, bien que dépourvu de pouvoirs exécutifs, incarne le visage diplomatique d’Israël, y compris dans ce qu’il a de plus sombre :
les massacres, les nettoyages ethniques, la déshumanisation et la dépossession du peuple palestinien.
Un appel à la cohérence morale et panafricaine
La LUCHA rappelle que la position officielle de l’Union africaine condamne clairement les politiques israéliennes à l’égard des Palestiniens, et que la RDC, en tant que membre de l’UA, est tenue d’y adhérer.
« Nous réaffirmons notre attachement à la position panafricaine sur la question israélo-palestinienne », poursuit le mouvement,
tout en appelant les dirigeants africains à rejeter tout “larbinisme diplomatique” et toute forme d’impérialisme, qu’il soit occidental, asiatique ou israélien.
Un double standard dénoncé
Pour beaucoup d’observateurs, la démarche de Kinshasa illustre un paradoxe diplomatique inquiétant :
comment un pays qui réclame la reconnaissance des crimes commis à l’Est peut-il, dans le même temps, honorer un État accusé de génocide par plusieurs instances internationales ?
Cette visite, hautement symbolique, risque de laisser une tache durable dans la politique étrangère du président Tshisekedi, accusé par ses détracteurs de “piétiner la mémoire des peuples en lutte pour leur liberté”.
