Assassinat de Rachidi Mustapha Kazadi: un nouveau crime intolérable contre la liberté de la presse au Nord-Kivu
L’assassinat du journaliste Rachidi Mustapha Kazadi, le 5 décembre à Katsiru, dans le groupement de Gihondo, s’ajoute à une série d’attaques ciblant les travailleurs des médias dans une région où informer est devenu un acte de courage extrême.
Cette mort violente appelle à une condamnation ferme et sans équivoque.
Rachidi Mustapha Kazadi, ancien technicien puis journaliste à la Radio Télévision Communautaire de Mwesso (RTCM), a été abattu par des hommes armés non identifiés alors qu’il se trouvait dans un restaurant fréquenté par des civils.
Selon la direction de la RTCM, relocalisée à Beni après la prise de Mwesso par les rebelles de l’AFC/M23 en 2024, il revenait de Bambo lorsqu’il a été pris pour cible.
Les assaillants ont ouvert le feu sans sommation, plongeant la communauté dans la stupeur.
Contraint d’abandonner son métier après la fermeture de la station, Rachidi s’était tourné vers le métier de moto-taximan.
Sur les axes Kitshanga–Mwesso, Mwesso–Goma, Mwesso–Kibirizi et Mwesso–Bambo, il poursuivait malgré tout sa vie dans un environnement dominé par l’insécurité, les embuscades et les violences armées.
Comme beaucoup de journalistes déplacés ou forcés à changer de profession, il restait exposé aux risques d’une région où l’ombre des groupes armés pèse sur chaque déplacement.
Les organisations de défense des droits des journalistes basées dans le territoire voisin de Masisi dénoncent avec force cet assassinat et exigent l’ouverture d’une enquête indépendante, rapide et crédible.
Les auteurs doivent être identifiés, arrêtés et jugés. L’impunité qui entoure les crimes commis contre les professionnels des médias en République démocratique du Congo ne peut plus se normaliser.
Cet acte ignoble survient dans un contexte de violences croissantes contre la presse. Dans le Nord-Kivu, chaque reporter, animateur radio ou technicien devient une cible potentielle pour avoir simplement tenté de documenter la réalité. Ce meurtre n’est pas seulement une attaque contre un homme, mais une attaque contre le droit fondamental à l’information, contre la liberté d’expression et contre toutes les voix qui refusent de se taire.
La communauté locale, les autorités provinciales et nationales, ainsi que les organisations internationales doivent se mobiliser pour que justice soit faite. La sécurité des journalistes doit être traitée comme une priorité absolue. L’assassinat de Rachidi Mustapha Kazadi ne doit pas rejoindre la longue liste des crimes oubliés du Nord-Kivu.
Rendre hommage à sa mémoire, c’est exiger la vérité, la justice et des garanties pour que plus aucun journaliste ne paie de sa vie le simple fait d’exercer son métier ou d’avoir, un jour, porté un micro.
