Guerre dans l’Est : Le député Jean-Claude Bwanganga s’oppose à l'octroi de l'habilitation au gouvernement et appelle à un sursaut de responsabilité parlementaire.
À l'Assemblée nationale, le débat sur la loi d'habilitation du gouvernement a donné lieu à une intervention remarquée du Professeur Jean-Claude Bwanganga Tawaba, député national élu de Bandundu, qui a invité ses collègues à un sursaut de responsabilité face au contexte sécuritaire critique que traverse la République Démocratique du Congo.
Prenant la parole après avoir salué l'élection du président de l'Assemblée nationale et des membres du Bureau, l'élu a recentré le débat sur la gravité de l'heure nationale. Pour lui, la question de l'habilitation ne peut être abordée comme une simple formalité institutionnelle, tant le pays fait face à une guerre aux causes profondes et à des enjeux géopolitiques majeurs.
Une guerre à stratégie continue contre un État à stratégies fragmentées
Dans son intervention, Jean-Claude Bwanganga Tawaba a dressé un constat sans détour : depuis les années 1990, la RDC affronte un adversaire qui agit selon une ligne stratégique cohérente et constante, alors que le pays, de son côté, a multiplié des réponses discontinues à travers les différents régimes.
« Le Maréchal Mobutu est parti, Laurent-Désiré Kabila est parti, Joseph Kabila est parti. Aujourd'hui, nous avons le Président Félix-Antoine Tshisekedi. Mais en face, l'adversaire, lui, n'a jamais changé de stratégie », a-t-il martelé, soulignant l'asymétrie stratégique qui affaiblit durablement l'État congolais.
Pour le député, cette réalité impose aux institutions nationales, en particulier au Parlement, de faire preuve de constance, de vigilance et de solidarité institutionnelle.
Refuser l'habilitation pour rester aux côtés du gouvernement
C'est dans ce contexte que le Professeur Bwanganga Tawaba a clairement exprimé son opposition à l'octroi de l'habilitation au gouvernement. Non pas par défiance, mais par sens de responsabilité parlementaire.
Selon lui, accorder cette habilitation en période de guerre risquerait d'être interprété comme un désengagement de l'Assemblée nationale, alors même que le pays a besoin d'un contrôle parlementaire fort et d'une présence politique permanente.
« Nous ne devons pas donner l'impression que les députés nationaux ont abandonné le gouvernement pendant une période aussi critique », a-t-il insisté, appelant ses collègues à travailler aux côtés de l'Exécutif plutôt qu'à s'effacer.
Redonner sa valeur et sa dignité à la Chambre basse
L'élu de Bandundu n'a pas manqué d'évoquer la perception négative dont souffre l'Assemblée nationale dans l'opinion publique. Il a rappelé que des députés sont régulièrement humiliés par les forces de sécurité, signe, selon lui, d'un flou persistant sur le rôle et l'autorité du Parlement.
Pour Jean-Claude Bwanganga Tawaba, les moments charnières comme celui que traverse la RDC sont précisément ceux qui doivent permettre à l'Assemblée nationale de retrouver sa vraie valeur, en assumant pleinement ses missions constitutionnelles de contrôle, de législation et de représentation du peuple.
Une guerre aux dimensions internationales
Dans une analyse géopolitique sans complaisance, le député Jean-Claude Bwanganga Tawaba a également pointé le rôle du Rwanda, qu'il décrit comme un acteur instrumentalisé par plusieurs grandes puissances internationales. Il a cité notamment la France, la Chine, la Belgique et les États-Unis, évoquant la lenteur ou l'ambiguïté de certaines positions internationales face à l'agression subie par la RDC.
Face à ces jeux d'intérêts, il a estimé que l'Assemblée nationale ne peut se permettre ni l'inaction ni l'absence. Il a lancé un appel solennel à ses pairs : « rester en session jusqu'à la fin de la guerre, afin d'accompagner l'action gouvernementale, défendre la souveraineté nationale et répondre aux attentes du peuple congolais. Même si nous ne sommes pas payés, nous travaillons », a-t-il déclaré, rappelant que l'engagement parlementaire, en temps de crise, relève avant tout du devoir patriotique.
Son intervention, à la fois lucide et engagée, aura marqué le débat sur l'habilitation du gouvernement, en posant une question centrale : celle de la responsabilité historique du Parlement congolais face à l'une des périodes les plus critiques de l'histoire récente du pays.

Commentaires (Total : 1)
Akonkwa kalwira jérôme
Nous réclamons une bonne gouvernance et une parlement indépendant, l'udps avait fait mal en poursuivant un leader qui travaille au nom du peuple congolais voilà les inconvénients, cette pays ne sera plus un seul partie au pouvoir, partie moko non