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Uvira : retrait du M23 ou mensonge stratégique cyniquement commandé par Paul Kagame pour tromper la population et la communauté internationale ?

 

Derrière l’annonce officielle d’un désengagement, de nombreuses voix locales dénoncent une manœuvre de façade et mettent en doute la sincérité de l’AFC/M23.

L’annonce du retrait de l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23) de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, est loin de convaincre. Présenté par le mouvement comme un geste d’apaisement, ce retrait est qualifié de symbolique, trompeur et stratégique par plusieurs acteurs locaux, qui y voient une répétition de scénarios déjà observés par le passé.

Selon des sources locales à Uvira, certains combattants du M23 auraient simplement abandonné leurs tenues militaires pour se fondre dans la population civile, maintenant ainsi une présence discrète sur le terrain. Une méthode qui rappelle les situations documentées en 2023 à Kibumba, Mushaki et Masisi, où des annonces similaires de retrait avaient été suivies d’un maintien de facto de l’influence rebelle.

“Une mascarade comme toujours”

La réaction de plusieurs figures de la société civile et d’analystes locaux est sans équivoque. Elie Ngoyi parle ouvertement d’« une mascarade comme toujours », estimant que le retrait annoncé ne correspond pas à la réalité sur le terrain. Pour lui, certains éléments sont bel et bien restés, rendant l’annonce largement cosmétique.

D’autres voix s’interrogent sur la suite des événements. Innocent Malobi pose la question centrale : qui reprendra réellement les rênes du pouvoir à Uvira après ce retrait proclamé, alors que l’autorité de l’État congolais reste fragile dans la région ?

Des questions sans réponses claires

L’analyste Nganzi Tomoya s’interroge publiquement sur le respect de la parole donnée par l’AFC/M23 et sur la destination réelle des troupes : Kamanyola ou ailleurs ? Il soulève également des questions fondamentales : quelles contraintes ont conditionné ce retrait ? Qu’a cédé Kinshasa dans ce processus ? Et surtout, quel est l’« après » : dialogue inclusif ou nouvelle phase d’instabilité ?
La question de la protection des civils face à d’éventuelles représailles, notamment dans un contexte de présence des groupes d’autodéfense Wazalendo, demeure entière.

Une paix contestée et un parrainage pointé du doigt

Interpellant directement Bertrand Bisimwa, Bob Job rejette l’argument d’un retrait motivé par la paix : « Ne venez pas nous dire que vous vous êtes retirés pour la paix. C’est faux. » Un sentiment largement partagé par une partie de l’opinion locale, qui considère l’AFC/M23 comme un instrument au service d’intérêts extérieurs.

De nombreux témoignages accusent ouvertement le Rwanda de soutenir le mouvement rebelle. Pour plusieurs observateurs, ce retrait renforcerait l’idée que les dirigeants de l’AFC/M23 ne sont que des exécutants, tandis que les décisions stratégiques seraient prises à Kigali, sous l’autorité du président rwandais Paul Kagame — une accusation régulièrement formulée par Kinshasa, mais rejetée par le Rwanda.

Une méfiance profonde sur le terrain

Au-delà des déclarations officielles, ce nouvel épisode alimente une profonde méfiance parmi les habitants d’Uvira. Pour beaucoup, ce geste ne suffit pas à rassurer une population éprouvée par des années de violences, de déplacements et de promesses non tenues. Le sentiment dominant reste celui d’un retrait de façade, sans garanties claires de sécurité ni retour effectif de l’autorité de l’État.

Dans un contexte aussi volatile, l’avenir d’Uvira dépendra moins des communiqués que des actes concrets sur le terrain. Pour l’heure, la critique est sévère : le retrait annoncé du M23 apparaît davantage comme une opération de communication que comme un véritable pas vers une paix durable.

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