Mort de Jean Mushobekwa en détention : le M23 accusé de violations graves des droits humains à Bukavu et Kabare
La mort de Jean Mushobekwa, survenue dans un cachot sous contrôle des militaires du mouvement rebelle M23 à Bukavu, suscite une vive indignation au sein de la population et des organisations de défense des droits humains.
Ce drame, loin d’être un cas isolé, illustre une fois de plus la spirale de violences, d’arrestations arbitraires et d’abus graves perpétrés dans les zones occupées par ce mouvement armé.
Jean Mushobekwa, père de Furaha Mushobekwa, avait été arrêté au mois de novembre 2025 après s’être rendu auprès des autorités du M23 pour plaider la libération de sa fille.
Cette dernière est accusée par les rebelles d’entretenir des liens avec les combattants Wazalendo. Selon plusieurs sources concordantes, Jean Mushobekwa est décédé dans des conditions obscures alors qu’il était détenu dans un cachot militaire.
Son décès en détention soulève de lourdes interrogations sur les traitements qui lui ont été infligés et engage directement la responsabilité de ses geôliers. Il a été enterré ce jour dans son village natal de Maga, au groupement de Kagabi, dans un climat de tristesse et de colère.
Pendant ce temps, le sort de sa fille Furaha Mushobekwa demeure préoccupant. Elle aurait été transférée dans un autre cachot à Goma.
À ce jour, aucun membre de sa famille n’a pu entrer en contact avec elle ni obtenir des informations fiables sur son état de santé ou les conditions de sa détention, renforçant les craintes de disparitions forcées et de mauvais traitements.
Dans la même région, un autre acte d’une extrême gravité a été signalé dans le groupement de Kagabi, village Cidjo, en territoire de Kabare. Un élément du M23 a abattu par balle Birindwa Romain, un habitant de la localité.
l’ASBL Simama Vijana, le drame serait lié à un différend financier d’environ 35 000 francs congolais que l’épouse de la victime devait à une tierce personne. Cette dernière aurait fait appel à un élément rebelle du M23, qui a tiré sur Birindwa Romain à bout portant. La victime est décédée sur-le-champ.
Pour l’ASBL Simama Vijana, ces faits constituent une atteinte grave aux droits humains et une violation flagrante du droit international humanitaire. L’association dénonce l’usage arbitraire de la force armée pour régler des conflits civils et appelle à l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin que les auteurs de ces crimes répondent de leurs actes.
Face à la multiplication de ces décès en détention, exécutions sommaires et arrestations arbitraires, la société civile exige justice pour les familles de Jean Mushobekwa et de Birindwa Romain.
Elle interpelle également les autorités nationales, les mécanismes internationaux de protection des droits humains et la communauté internationale afin qu’ils prennent des mesures urgentes pour protéger les civils et mettre fin à l’impunité dans les zones sous contrôle du M23.

Commentaires (Total : 2)
Désiré BABONAGE, frère consanguin de Jean MUSHOBEKWA
Rectification pour Jean MUSHOBEKWA. Jean MUSHOBEKWA est du village Mulahwa, Groupement Cirunga. Décédé du fait des traitements inhumains, le sang de la victime réclame justice. Outre savoir l'état actuel de FURAHA MUSHOBEKWA, Sœur du défunt, la famille réclame la mise en liberté de celle-...
Emile KALUMIRE, son frère consanguin
RECTIFICATIF Mr JEAN MUSHOBEKWA est décédé dans le cachot où il était détenu secrètement par les militaires du M23 et son corps n’a jamais été retrouvé mais la famille a appris qu’il serait enterré secrètement par ses bourreaux la famille a fait le deuil sans le corps de la victime...