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RDC : Entrée des Wazalendo à Uvira ce matin , entre liesse populaire et fortes inquiétudes sécuritaires

La ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, s’est réveillée ce matin au rythme d’un événement majeur : l’entrée des combattants Wazalendo, intervenue peu après le retrait des rebelles du M23.

Dans plusieurs quartiers, des scènes de liesse ont été observées, une partie de la population locale accueillant ces groupes d’autodéfense comme un symbole de résistance et de protection communautaire.

Des chants, des applaudissements et des gestes de soulagement ont accompagné l’arrivée des Wazalendo, perçus par certains habitants comme une réponse locale face à l’insécurité persistante et à l’absence prolongée d’une force internationale réellement dissuasive.


« Nous avons trop souffert. Voir les Wazalendo entrer à Uvira, c’est un message fort : nous ne sommes pas abandonnés », confie un habitant du quartier Kasenga.

Une victoire apparente, mais un piège stratégique ?

Toutefois, cet enthousiasme est loin de faire l’unanimité. Plusieurs analystes et acteurs de la société civile appellent à la prudence, estimant que cette entrée pourrait s’inscrire dans une dynamique plus complexe et potentiellement dangereuse.

Pour Roger Mabiala, la situation relève davantage d’une manœuvre stratégique que d’un réel apaisement.
« C’était un piège… maintenant rassurez-vous, c’est la guerre. Le M23 va simplement montrer à la communauté internationale qu’elle n’a pas pu protéger Uvira », analyse-t-il.
Selon lui, le retrait du M23 pourrait être temporaire et viser à délégitimer les mécanismes internationaux de protection, tout en préparant une riposte future.

Une alternative risquée à une force neutre

D’autres voix dénoncent le fait que les Wazalendo occupent un espace qui aurait dû revenir à une force neutre ou institutionnelle, capable de garantir la sécurité sans aggraver les clivages armés.

Patient Birindwa se montre particulièrement critique :
« L’entrée des Wazalendo à Uvira, en lieu et place d’une force neutre, est une grave erreur. Cela ne rassure pas la population et risque d’aggraver les tensions. »

Cette position reflète la crainte d’une militarisation accrue de la ville, avec des groupes armés dont le commandement, la discipline et la coordination avec les FARDC restent souvent flous.

Entre soulagement immédiat et incertitude durable

Si l’entrée des Wazalendo à Uvira est vécue par certains comme une libération après le départ du M23, elle soulève aussi des interrogations profondes sur l’avenir sécuritaire de la ville. L’absence d’une autorité clairement établie et la multiplication des acteurs armés pourraient exposer les civils à de nouveaux cycles de violence.

Dans un contexte où la population aspire avant tout à une paix durable, Uvira se retrouve une fois de plus au cœur d’un dilemme : accepter une protection communautaire perçue comme immédiate, ou attendre une solution institutionnelle et internationale qui tarde à se matérialiser.

Les prochaines heures et les prochains jours seront déterminants pour comprendre si cette entrée marque un tournant sécuritaire… ou le prélude à de nouvelles tensions.

Commentaires (Total : 1)

G
Gustave 18/01/2026 09:40:20

Il fallait aussi reconnaître que pareil que ces rebelles avaient occupé cette ville. Leur entrée a eu lieu après la signature de accords de Washington. Avec leur retour, les Wazalendo devraient être appuyés par le Gouvernement pour protéger cette ville.

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