CAN 2025 – Jean-Jacques Ndala Ngambo au cœur de la tempête : une finale sous haute tension qui relance le débat sur l’arbitrage africain
La finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, disputée dimanche 18 janvier entre le Sénégal et le Maroc, restera comme l’un des matchs les plus controversés de l’histoire récente du football africain. Non seulement pour son scénario chaotique, mais surtout pour les décisions arbitrales qui ont plongé la rencontre dans une crise sans précédent.
Au centre de la tourmente : Jean-Jacques Ndala Ngambo, arbitre international congolais, propulsé malgré lui au cœur d’un débat passionné qui dépasse largement le cadre de ce seul match.
Des décisions jugées justes… mais une gestion contestée
Sur le fond, plusieurs experts s’accordent sur un point essentiel : les décisions prises ne sont pas manifestement erronées.
Le but sénégalais refusé pour une faute sur Achraf Hakimi, tout comme le penalty accordé au Maroc, trouvent une base réglementaire dans les Lois du Jeu.
Cependant, c’est surtout la gestion globale de la finale qui alimente la controverse.
« Il y a bien accrochage, mais c’est très léger. Je pense qu’il siffle trop vite. S’il avait laissé jouer, le but aurait sans doute été vérifié à la VAR et probablement validé », analyse Bruno Derrien, ancien arbitre international français, interrogé par l’AFP.
Concernant le penalty sifflé en faveur du Maroc après un contact entre Brahim Diaz et El Hadji Malick Diouf, Bruno Derrien parle d’une « micro-faute », survenue dans un contexte de tension extrême.
Une autorité remise en question face au chaos
Cerné par les joueurs, les staffs techniques et une ambiance assourdissante alimentée par les sifflets du public marocain, Jean-Jacques Ndala Ngambo a semblé dépassé par l’ampleur de la contestation.
La consultation de la VAR, dans ces conditions, pose question.
La décision a provoqué la colère des Sénégalais, certains quittant le terrain en signe de protestation, interrompant la rencontre pendant près de vingt minutes.
« C’était surréaliste. Si les Sénégalais n’étaient pas revenus sur le terrain, l’arbitre aurait probablement mis un terme à la rencontre, avec à la clé de lourdes sanctions », affirme Bruno Derrien.
Ironie de la situation : l’arbitre aurait pu être plus sévère envers les Sénégalais, plusieurs joueurs étant déjà sous le coup d’un carton jaune. Les lois de l’IFAB stipulent clairement qu’un joueur quittant volontairement le terrain ou retardant la reprise du jeu doit être sanctionné.
VAR : le vrai problème ?
Pour plusieurs observateurs, le véritable dysfonctionnement se situe du côté de la VAR, et non de l’arbitre central.
« Ndala n’a aucun problème concernant l’incident d’hier. Il a vu une faute sur Hakimi et a sifflé. C’est au responsable de la VAR de l’appeler s’il y a doute », explique Jean-Claude Musafiri, passionné de football.
« L’arbitre central n’a pas le droit de faire appel à la VAR de lui-même. Pourquoi lui attribuer l’erreur ? Je condamne davantage l’impartialité de la VAR. »
Un argument partagé par plusieurs analystes, qui estiment que la cohérence et la neutralité de l’assistance vidéo ont cruellement manqué dans cette finale.
Entre fierté nationale et accusations de favoritisme
Du côté congolais, le débat prend aussi une tournure identitaire.
« C’est regrettable pour notre compatriote. L’arbitrage n’était pas à la hauteur d’une finale. Il était déjà favorable au Maroc dès le match d’ouverture », estime Matabishi, Congolais de Bukavu.
À l’inverse, d’autres montent fermement au créneau pour défendre l’arbitre de la RDC.
« Félicitations à Jean-Jacques Ngambo Ndala pour son arbitrage exemplaire en finale de la CAN. À 38 ans, il porte haut les couleurs de la RDC », affirme Jean-Pierre Bodjoko.
« Son parcours doit inspirer chaque Congolais à viser l’excellence. »
Même tonalité chez Jessy Kabasele, qui dénonce un acharnement ciblé :
« Arrêtez avec votre Congo bashing. N’importe quel arbitre de son niveau aurait sifflé ce penalty et refusé ce but. Le Congo n’était pas représenté par un seul arbitre, mais trois officiels congolais. Ndala est notre fierté, et il sera encore là à la Coupe du monde. »
Une CAN minée par la suspicion
Au-delà du cas Ndala, cette finale illustre un malaise plus profond.
« La CAN 2025 s’est déroulée dans un climat de suspicion généralisée vis-à-vis des arbitres », constatent plusieurs observateurs.
Jamais les critiques contre l’arbitrage n’avaient atteint un tel niveau, au point de gâcher une finale et de ternir l’image d’une compétition pourtant bien organisée.
« La subjectivité a ses raisons que la raison ignore », résume Christian Kombe.
« Ndala est resté serein et calme face à un manque de professionnalisme flagrant. Good job, baba Ndala. »
L’arbitrage africain, autre perdant de la CAN 2025
Si le Maroc a soulevé le trophée et le Sénégal quitté la pelouse furieux, l’arbitrage africain apparaît comme l’autre grand perdant de cette 35e édition.
La finale a mis en lumière les limites actuelles de la gestion de crise, de la VAR et de la communication arbitrale dans les grands rendez-vous.
Jean-Jacques Ndala Ngambo restera, qu’on le veuille ou non, le visage de cette polémique. Mais réduire cette finale à un seul homme serait sans doute passer à côté du véritable enjeu : la crédibilité et la modernisation de l’arbitrage africain à l’ère de la VAR.

Commentaires (Total : 2)
Mao Théophile
Bien sûr que l'arbitre central ne doit interpeler le var, mais aussi il ne devrait pas siffler précipitamment contre El haji. L'injustice était équitable aux arbitres, même si le var a appelé J.Jacques, ce dernier a choisi l'accord d'un penalty contre une faute légère, cédant à la pression...
Apollinaire MWIRAKURHANGE BAGUMA
De le départ et durant tout le match Ndala semblé être du côté marocain.Voyez le carton jaune du no 8 sénégalais c'était injuste.Il aurait pu interroger la var sur le but sénégalais mais il n'a pas cela.s'il aurait fait cela peut être que le Sénégal l'emporterait sans aller en prolongat...