Image Post

7 ans de pouvoir, des bouteilles de champagne et la faim au Kasaï : le vrai bilan de Tshisekedi

Du 20 janvier 2019 au 20 janvier 2026, Félix Tshisekedi fête ses sept années à la présidence de la République démocratique du Congo. Entre promesses de réformes, initiatives audacieuses et réalités du terrain, le pays dresse aujourd’hui un bilan contrasté de son mandat.

Pour Fanny Lokala, la question est simple : les Congolais ont-ils réellement senti un changement positif dans leur quotidien ? Très exactement sept ans après son arrivée au pouvoir, le constat reste mitigé. Selon plusieurs sondages, le bilan global du président est largement inférieur aux attentes de la population.

Alimasi Roger décrit un tableau sombre : massacres et bombardements de civils, emprisonnement des opposants, hold-up électoral, famine au Kasaï, pillage des ressources minières du Katanga, affaiblissement de l’armée, tribalisme et absence de services étatiques fonctionnels. Des défis colossaux qui continuent de peser lourd sur le quotidien des Congolais.

Pour Mbayo Mubi, le constat est encore plus sévère : un bilan “en bouteilles de champagne et bières”, où le président est devenu milliardaire “sans cause”, et où la parole politique semble trop souvent éloignée de la réalité. Selon lui, “un grand menteur qui, s’il avait encore un peu d’honneur, devrait démissionner.”

Raoul Lugamba souligne les failles sur le terrain de la sécurité : lorsqu’il a pris ses fonctions en 2019, Tshisekedi héritait d’un pays vaste de 2 345 410 km², mais aujourd’hui certaines régions comme Goma semblent exclues du contrôle central. À Kinshasa, les opposants sont de plus en plus ciblés par des arrestations systématiques, soulevant des questions sur l’État de droit et la gouvernance démocratique.

Pourtant, Yoshi Nengwe adopte un point de vue plus nuancé : malgré les défis, le président a montré volonté et courage. “Certes, beaucoup reste à faire, mais il mérite d’être reconnu pour son engagement envers le pays et sa détermination à amorcer des changements significatifs.”

Rappel historique : une transition historique… mais controversée

La RDC a vécu en janvier 2019 la première transmission pacifique du pouvoir de son histoire entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. Un moment historique pour un pays habitué aux crises politiques et aux violences : Kabila avait succédé il y a 18 ans à son père, Laurent-Désiré Kabila, assassiné.

Pour replacer le contexte, Kabila père avait renversé en 1997 le maréchal Mobutu, qui lui-même avait pris le pouvoir en 1965 en renversant le président Joseph Kasa-Vubu. Plus tôt, l’ex-Premier ministre Patrice Lumumba avait été assassiné en janvier 1961, symbolisant des décennies d’instabilité et de luttes pour le pouvoir.

Pourtant, cette transition pacifique n’a pas été exempte de controverses : Martin Fayulu, arrivé deuxième lors de la présidentielle du 30 décembre 2018 selon les résultats officiels, a dénoncé un "putsch électoral" orchestré par Kabila et Tshisekedi, se proclamant seul président légitime.

Aujourd’hui, sept ans après cette passation historique, beaucoup estiment que ce qui devait être un tournant démocratique a dérapé vers un pouvoir marqué par le chaos, la corruption et les inégalités, laissant un pays encore fragile et divisé. Ce bilan contraste fortement avec l’espoir suscité par cette première transmission pacifique du pouvoir, et soulève la question : Félix Tshisekedi a-t-il réellement tenu ses promesses pour transformer la RDC ?

laissez votre commentaire