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Uvira : les Wazalendo accusés de l’enlèvement et de la torture du défenseur judiciaire Maître Mega Musobwa

Un défenseur judiciaire de renom à Uvira, Maître Mega Musobwa, affirme avoir été enlevé, torturé et détenu arbitrairement par des éléments se réclamant des Wazalendo (Mai-Mai), quelques jours après le retrait des rebelles du M23 de la ville.

Les faits, d’une extrême gravité, soulèvent une vive inquiétude quant au respect des droits humains et à la sécurité des acteurs de la justice dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Enlèvement nocturne et violences

Selon le témoignage de la victime, l’attaque s’est produite dans la nuit du 20 janvier 2026, vers 4 heures du matin, alors qu’il se trouvait à son domicile à Uvira.

« Un groupe d’environ 15 personnes lourdement armées a fait irruption chez moi. J’ai été tabassé, torturé, menacé avec une arme pointée sur ma tête, puis emmené vers une destination inconnue », raconte Maître Mega Musobwa.

Après près de 45 minutes de déplacement, il affirme avoir été conduit dans un campement des Wazalendo, où il a été soumis à des interrogatoires et à des accusations sans fondement.

Accusations arbitraires et détention illégale

Les ravisseurs l’auraient accusé d’appartenir au mouvement rebelle M23, au motif qu’il est avocat d’un notable influent de la ville et jeune leader local, et qu’il n’aurait pas fui Uvira pendant la période d’occupation.

« Ils me demandaient pourquoi je n’avais pas fui la guerre. Pour eux, cela suffisait pour me soupçonner de collaboration avec le M23 », explique-t-il.

La victime affirme avoir été libérée uniquement grâce à de multiples interventions urgentes de personnalités et d’acteurs locaux.

Une vie en danger après la libération

Depuis cet incident, Maître Mega Musobwa dit vivre dans la peur et la clandestinité, craignant de nouvelles représailles.

« Je ne vis plus chez moi. Je me cache, sous peine d’être récupéré par d’autres groupes armés. Je suis profondément traumatisé et en état de choc », confie-t-il.

Condamnation ferme et sans équivoque

Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’enlèvement, la torture et la détention arbitraire de Maître Mega Musobwa, attribués à des éléments se réclamant des Wazalendo. De tels actes constituent des violations graves des droits humains, du droit à la sécurité, à la liberté et à l’intégrité physique, et portent une atteinte directe à l’État de droit.

Aucune lutte, aucune revendication patriotique ou sécuritaire ne peut justifier des violences contre des civils, encore moins contre un officier de justice. Les groupes armés, quels qu’ils soient, doivent être tenus responsables de leurs actes.

Appel aux autorités et aux organisations de défense des droits humains

Nous appelons :

  • les autorités judiciaires et sécuritaires à ouvrir une enquête indépendante et crédible ;

  • l’État congolais à assurer la protection immédiate de Maître Mega Musobwa ;

  • les Wazalendo et tous les groupes armés à cesser toute forme d’arbitraire et à respecter strictement les droits humains ;

  • les organisations nationales et internationales de défense des droits humains à se saisir de ce dossier en urgence.

La stabilité et la paix à Uvira ne pourront être durables que dans un climat où la justice, la responsabilité et la protection des civils priment sur la violence.

 

 

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