Image Post

Sud-Kivu : les acteurs sociaux appellent à la lutte contre les discours de haine et à la promotion de l'esprit de dialogue.

Dans un contexte marqué par l'insécurité persistante à l'Est de la République démocratique du Congo, la province du Sud-Kivu fait face à de profonds défis de cohésion sociale. Entre violences armées, tensions communautaires et fragilisation de l'autorité de l'État, la paix durable apparaît comme un objectif lointain. Pourtant, sur le terrain, populations locales et autorités sont appelées à conjuguer leurs efforts pour faire du dialogue, de l'inclusion et de la responsabilité collective les piliers d'un vivre-ensemble apaisé.

La crise sécuritaire qui touche l'Est de la RDC se traduit par la présence de groupes armés, une insécurité chronique, l'affaiblissement de l'autorité de l'État et une méfiance croissante des populations envers les institutions publiques. Cette situation trouve ses racines dans des conflits intercommunautaires récurrents, mais aussi dans des facteurs structurels tels que la pauvreté, l'exclusion sociale, la gouvernance défaillante et les tensions politiques et socio-économiques.

Dans ce contexte fragile, les populations locales restent les premières victimes des violences, mais également des acteurs incontournables des dynamiques de paix.

Au Sud-Kivu, les acteurs sociaux veulent voir les communautés s'investir dans le dialogue intercommunautaire, la médiation locale, la prévention des conflits et la restauration de la confiance sociale.

« Chefs traditionnels, leaders religieux, femmes et jeunes jouent un rôle central grâce à leur légitimité sociale, facilitant la médiation et contribuant à la désescalade des violences », rappelle M. Patrick Mungwakonkwa, acteur de la NDSCI.

Les appels à la paix se multiplient au sein de la population. Pour un habitant de la ville, : « la paix durable à l'Est de la RDC ne peut se construire que par la volonté de toutes les communautés à mettre de côté leurs différends, à s'accepter mutuellement et à privilégier le dialogue comme voie de résolution de la crise sécuritaire ».

Un leader religieux, ayant requis l'anonymat, estime pour sa part que : « toutes les couches sociales et politiques doivent se retrouver autour d'une même table afin d'analyser les causes profondes de la crise et accepter de se pardonner mutuellement ».

Pour M. Patrick Mungwakonkwa, acteur de la société civile au sein de la NDSCI, il y a nécessité de renforcer l'éducation à la paix. Il appelle à la lutte contre les discours de haine, à la promotion de l'esprit de dialogue, du patriotisme et de la conscience collective comme fondements de la cohésion sociale.

Il évoque également l'implication des autorités nationales, provinciales et locales dans la consolidation de la paix au Sud-Kivu.

« A travers leurs fonctions législatives, budgétaires et de contrôle, elles sont appelées à prévenir les conflits, à garantir la légitimité des processus de paix et à restaurer la confiance des populations », renchérit-il.

Il invite les autorités publiques à assumer leur responsabilité d'assurer la sécurité des civils, de renforcer l'État de droit et l'accès à la justice, de promouvoir une gouvernance inclusive et transparente, de faciliter le dialogue à tous les niveaux et de soutenir le développement ainsi que la justice sociale.

laissez votre commentaire