Kalehe : faute de moyens, des femmes enceintes accouchent à domicile au péril de leur vie.
En territoire de Kalehe, dans la province du Sud-Kivu, de plus en plus de femmes enceintes donnent naissance à domicile, incapables de payer les frais exigés dans les structures sanitaires. Une situation alarmante dans un contexte de crise humanitaire et économique persistante.
Dans plusieurs localités de Kalehe, notamment dans les hauts et moyens plateaux où sont installées de nombreuses familles déplacées, des femmes enceintes choisissent ou plutôt se résignent à accoucher chez elles, sans assistance médicale qualifiée. En cause : le manque d’argent pour couvrir les consultations prénatales, l’accouchement et les éventuelles complications.
Cette réalité s’est accentuée après le départ de plusieurs organisations humanitaires qui appuyaient les formations sanitaires locales. Ces partenaires facilitaient l’accès gratuit aux soins pour les femmes enceintes et allaitantes. Leur retrait a laissé un vide, plongeant de nombreuses familles dans l’incapacité d’assumer les coûts médicaux.
« Nous n’avons pas le choix. Quand le travail commence et que vous n’avez pas d’argent, vous restez à la maison », confie une mère déplacée rencontrée à Nyabibwe.
Au centre hospitalier de Nyabibwe, les prestataires de soins s’inquiètent des conséquences de cette pratique. Monsieur Édouard, infirmier traitant, met en garde contre les risques encourus.
« Accoucher sans suivi médical expose la mère et l’enfant à de graves complications. Une hémorragie, une infection ou une souffrance fœtale peuvent entraîner la mort si la prise en charge n’est pas rapide. Beaucoup de cas arrivent ici trop tard », renseigne l’infirmier Édouard.
Selon les professionnels de santé, les déplacés internes installés dans les hauts et moyens plateaux de Kalehe figurent parmi les premières victimes de cette situation. Dépourvus de ressources stables, ces ménages peinent à satisfaire leurs besoins essentiels, y compris l’accès aux soins maternels.
Face à cette urgence silencieuse, les acteurs locaux plaident pour un renforcement de l’appui humanitaire en santé maternelle et la mise en place de mécanismes de prise en charge des femmes enceintes vulnérables.
