RDC : Bahati Lukwebo défie Tshisekedi et fracture la majorité sur la Constitution
La sortie médiatique du professeur Modeste Bahati Lukwebo ce mardi relance avec force le débat sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution en République démocratique du Congo.
Le 2ᵉ vice-président du Sénat et autorité morale de l’AFDC a réaffirmé une position constante, aussi bien sous Joseph Kabila que sous Félix Tshisekedi : le problème de la RDC ne serait pas institutionnel, mais humain.
« Quand on aime son pays et son chef, on lui dit la vérité. La RDC n’a pas un problème de textes, mais d’hommes. Appliquons les lois existantes », a-t-il déclaré, rejetant implicitement toute réforme constitutionnelle qu’il juge non prioritaire.
Soutien du camp Kabila
La réaction n’a pas tardé. Barbara Nzimbi, conseillère en communication de Joseph Kabila, a salué une prise de position « d’homme d’État », estimant que la sortie de Bahati traduit « une hauteur de vue » dans un contexte politique tendu.
Selon elle, « la première issue à la crise politique qui gangrène notre nation réside dans le respect strict de la Constitution », dénonçant toute modification opportuniste susceptible de servir des intérêts particuliers.
Tollé dans les rangs pro-Tshisekedi
Mais dans le camp présidentiel, la déclaration passe mal. Des cadres de l’UDPS, notamment Joseph Tshibanga, originaire du Kasaï, digèrent difficilement cette posture. Certains rappellent les accusations passées liant Bahati à des réseaux proches du M23-AFC, insinuant que son opposition à la réforme constitutionnelle confirmerait un agenda caché, surtout après le refus du président Tshisekedi d’ouvrir un dialogue avec les rebelles.
Plus virulent encore, Jean-Baptiste Ditaba accuse Bahati de fragiliser le chef de l’État à un moment critique. Il l’interroge sur plusieurs points sensibles : la question de la souveraineté nationale, l’instabilité chronique des provinces, le statut des Congolais de la diaspora disposant d’une double nationalité, ou encore l’équilibre des pouvoirs dans le régime semi-présidentiel actuel.
Un débat constitutionnel explosif
Au cœur de la controverse : faut-il réviser la Constitution pour corriger ce que certains qualifient de « limites structurelles » du système actuel, ou au contraire renforcer son application stricte ?
Pour Bahati Lukwebo, le diagnostic est clair : la Constitution n’est pas en cause, c’est son respect qui fait défaut. Pour ses détracteurs, cette position revient à bloquer une réforme jugée nécessaire pour consolider l’autorité de l’État et stabiliser les institutions.
Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante à l’Est et des tensions politiques internes, le débat sur la réforme constitutionnelle s’annonce plus clivant que jamais.

Commentaires (Total : 4)
Nchidi Raymond
À mon avis et compte tenu de tous les aléas que traverse notre pays, le moment était mal choisi pour MOBAL de faire de telles déclarations. Il n'est ni Rwandais ni Béninoit comme le prétendent certaines personnes non-autorisées , il est Mushi natif de KATANA.
BUCAGUZI Patrick
C'est l'homme Congolais qui bloque le développement de notre Pays et non la constitution.
Gédéon ENOKI
La RDC est un État avec sa souveraineté, il a des bons textes, mais c’est l’homme qui manque à notre pays Quelle urgence pour changer la constitution, dire la vérité c'est le début du changement. Le Prof MOBAL a totalement raison.
Basole Bahizire
Le Président Bahati L à totalement raison, le problème de notre sous développement n'est dû à notre Constitution ou à son insuffisance, les problèmes résident aux politiciens, c'est eux le problème et non nos lois ...