RDC : l’Union sacrée relance le projet de changement constitutionnel au moment où Félix Tshisekedi vise un troisième mandat
De Mpanda et Mbata, en passant par Budimbu, et désormais Mboso, l’Union sacrée a officiellement pris position en faveur d’un changement constitutionnel.
Galvanisée par ce qu’elle qualifie de partenariat stratégique avec les États-Unis, la coalition au pouvoir semble vouloir profiter d’un contexte jugé favorable pour relancer un projet longtemps suspendu, face à l’offensive militaire de l’AFC/M23 sur le terrain.
L’objectif affiché est clair : ouvrir la voie à un troisième mandat pour Félix Tshisekedi, qui selon ses partisans, « a une mission » à accomplir pour le pays.
Une position assumée au sein de l’Assemblée nationale
Dans ce cadre, Christophe Mboso, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, a commenté la stratégie politique en des termes évocateurs :
« Il n’y a que la Bible que l’on ne change pas… »
Cette déclaration semble illustrer la volonté de l’Union sacrée de franchir un cap institutionnel, malgré les débats et critiques persistants au sein de la société civile et de l’opposition.
Réactions contrastées de la population
À Goma, Gaël Katsuva, un habitant de la ville, ne cache pas son inquiétude :
« Ces vieux sont devenus multimillionnaires et veulent s’éterniser au pouvoir. Pendant ce temps, ils ignorent la misère du peuple et poussent les gens à bout… vers la révolte. »
L’avis est partagé par d’autres citoyens qui estiment que le projet de modification constitutionnelle risque d’accentuer les tensions sociales et de provoquer un mécontentement populaire.
Pour Musubawo Idumbo, le même partenaire stratégique dont se réclame l’Union sacrée — les États-Unis — ne devrait pas soutenir ce changement :
« Ils ont déjà commencé par demander à Kinshasa de neutraliser les FDLR, et demain ils seront contre ce changement de constitution. »
Selon lui, l’implication internationale pourrait se retourner contre la coalition au pouvoir si le projet est perçu comme contraire aux intérêts de la stabilité régionale et du respect de la législation congolaise.
Entre calcul politique et risques sociaux
Alors que l’Union sacrée affirme vouloir capitaliser sur ce moment jugé propice, les observateurs mettent en garde contre les risques d’escalade. Le pays, déjà fragilisé par les conflits dans l’Est, pourrait voir sa stabilité davantage compromise si le débat constitutionnel n’est pas mené de manière inclusive et transparente.
La relance de ce projet marque un tournant dans la politique congolaise : entre ambition présidentielle et inquiétudes citoyennes, la RDC semble à un carrefour décisif.
