RDC : le gouvernement cherche un prêt de 50 millions de dollars pour payer les fonctionnaires… où passe l’argent du pays ?
En République démocratique du Congo, un document du ministère des Finances révèle une situation financière qui suscite de nombreuses interrogations. Le gouvernement prévoit de lever un emprunt de 50 millions de dollars à travers une adjudication d’obligations du Trésor avec un taux d’intérêt annuel de 9 %, afin de financer notamment la paie des fonctionnaires de l’État.
Le document officiel, signé par le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, confirme que l’État congolais cherche à emprunter de l’argent pour payer les fonctionnaires, une situation que plusieurs observateurs jugent préoccupante pour la santé des finances publiques.
Une paie organisée en deux paliers
Selon la programmation officielle, la paie des agents publics se déroule en deux étapes.
Le premier palier concerne les policiers, les militaires ainsi que les enseignants du primaire et du secondaire. Leur paiement est prévu du 25 février au 14 mars.
Le deuxième palier concerne les fonctionnaires de l’État, dont la paie doit débuter le mardi 17 mars, selon la programmation des banques payeuses et la disponibilité des liquidités dans le système de compensation bancaire.
Mais derrière cette organisation administrative apparaît une réalité plus sensible : l’État congolais doit emprunter pour payer ses fonctionnaires.
Un signal inquiétant pour les finances publiques
Pour plusieurs analystes économiques, le fait qu’un État emprunte pour payer les salaires des fonctionnaires constitue un signal d’alerte.
« Les salaires des fonctionnaires devraient normalement être couverts par les recettes publiques régulières », explique un économiste basé à Kinshasa. « Lorsque l’État doit emprunter pour payer ses fonctionnaires, cela signifie que les finances publiques sont sous pression. »
Cet emprunt devra être remboursé avec intérêts, ce qui alourdira encore la dette publique.
« Ce type d’emprunt signifie que les générations futures devront payer la facture des dépenses actuelles », souligne un spécialiste des finances publiques.
Un paradoxe dans un pays riche en ressources
Cette situation suscite également des interrogations dans un pays pourtant riche en ressources naturelles.
La RDC dispose d’importantes richesses minières et génère des revenus considérables grâce à l’exploitation du cuivre, du cobalt et d’autres minerais stratégiques. Pourtant, malgré ces ressources, le gouvernement se retrouve contraint d’emprunter pour payer les fonctionnaires de l’État.
Pour de nombreux Congolais, ce paradoxe est difficile à comprendre.
« Les citoyens ont le droit de savoir où va réellement l’argent du pays », estime un acteur de la société civile. « Comment un pays aussi riche peut-il emprunter pour payer ses fonctionnaires ? »
Des critiques politiques
Sur le plan politique, cette situation alimente également les critiques contre la gestion du pouvoir.
Le député et opposant Rashid Kabund accuse le gouvernement de mauvaise gestion financière.
« On cherche à emprunter 50 millions de dollars pour payer les fonctionnaires alors que certains détournent des montants bien plus importants avec la bénédiction du pouvoir », affirme-t-il, mettant en cause la gouvernance du président Félix Tshisekedi.
Vers un débat national ?
Pour plusieurs observateurs, cette situation devrait ouvrir un débat national sur la gestion des finances publiques en RDC, notamment avec la Banque Centrale du Congo et les institutions de contrôle.
Car au-delà de cet emprunt de 50 millions de dollars, une question demeure au cœur des préoccupations : comment un État peut-il être obligé d’emprunter pour payer ses fonctionnaires dans un pays aussi riche en ressources naturelles ?

Commentaires (Total : 3)
delphinbaliokubwami@gmail.com
Pourquoi c'est seulement les fonctionnaires de l'état qui sont concernés par cette situation Pourtant tous les membres des cabinets ministériels sont payés avant ainsi que le cabinet du chef de l'état et de la première ministre. Il existe même des services inutiles budgétaires
Popaul
Finalement nous sommes déjà à la troisième fois que je vois cette demande d'emprunts. Où allons nous ? Quand on entre dans ce cycle un ainé m'a dit que dans un foyer, vous n'aller pas prospérer
Xavier Ntete
Ce pays n'a pas de chance.