RDC : Quand être député ou sénateur rime avec léchage de bottes plutôt que servir le peuple
En République démocratique du Congo, les députés et sénateurs semblent parfois oublier que leur mandat est de servir le peuple. Dans les faits, pour certains, il s’agit avant tout de flatter le pouvoir en place, quitte à sacrifier les intérêts des Congolais. Le cas de Bahati Lukwebo, 2ᵉ vice-président du Sénat, illustre parfaitement cette dérive.
Barbara Nzibi, conseillère de l’ancien président Joseph Kabila, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer ce qu’elle appelle un « rétropédalage ignominieux ».
« Vous n’êtes pas l’homme d’État que j’ai cru discerner en vous pendant quelques jours. Vous êtes plutôt un politicien réaliste qui a choisi de privilégier ses intérêts, notamment conserver votre poste, au détriment de ceux du peuple congolais », écrit-elle, accusant les élus de trahir le pacte républicain qui a fondé la Constitution.
Pour elle, la peur et l’opportunisme ont pris le pas sur l’honneur et la dignité :
« Vous avez choisi de vous incliner face à la peur. Mais qu’avez-vous fait de l’honneur et de la dignité qui devraient caractériser un homme d’État ? »
La révolte de Barbara Nzibi rejoint celle de nombreux Congolais, qui dénoncent régulièrement une classe politique davantage préoccupée par ses privilèges, ses postes et sa proximité avec le président, plutôt que par les problèmes réels du pays : pauvreté, infrastructures en ruine, chômage, insécurité et accès limité aux services de base.
« En RDC, être député ou sénateur signifie souvent apprendre l’art du léchage de bottes et oublier pourquoi on a été élu », déclare un citoyen de Kinshasa sous couvert d’anonymat. « Les Congolais n’attendent rien de vous, vous êtes là pour le président et vos intérêts personnels, pas pour nous. »
Pour Barbara Nzibi, l’Histoire retiendra ce choix :
« Sachez que l’Histoire retiendra le choix que vous venez de poser et, tôt ou tard, vous aurez à en répondre devant elle. »
Cette critique souligne une frustration partagée par une partie de la population congolaise, qui observe un écart grandissant entre les discours des élus et leur action concrète. Alors que le pays fait face à d’importants défis sociaux et économiques, certains sénateurs et députés continuent de privilégier la préservation de leurs postes et de leur proximité avec le pouvoir, laissant les citoyens seuls face aux crises.
En résumé, dans ce contexte, le mandat parlementaire semble parfois réduit à un simple service du chef de l’État, au détriment des Congolais eux-mêmes. Une situation qui alimente colère et désillusion au sein de la population, et qui pose une question fondamentale : pour qui ces élus travaillent-ils vraiment ?
