« On protège Tshisekedi » : Me Moïse Nyarugabo accuse l’Occident de fermer les yeux
L’ancien sénateur congolais Moïse Nyarugabo a vivement réagi aux récents événements survenus dans l’est de la République démocratique du Congo, accusant les autorités de Kinshasa et certains partenaires occidentaux d’entretenir un discours ambigu face à la crise sécuritaire.
Dans une série de déclarations virulentes, l’avocat et homme politique estime que les réactions internationales restent trop prudentes lorsqu’il s’agit du président Félix Tshisekedi.
« Quand il s’agit de Kinshasa et de Tshisekedi, on trouve toujours des excuses. On ne veut pas nommer le mal », affirme Me Nyarugabo.
Selon lui, certaines autorités européennes évitent délibérément de pointer clairement les responsabilités.
« En lisant les tweets de certaines autorités belges et françaises, visiblement on ne veut pas faire du mal au protégé. On trouve des phrases ambiguës, floues et globalisantes. Tout le monde y passe, tout le monde est fautif au même moment. Ça sonne bien », déplore-t-il.
Un discours occidental jugé trop diplomatique
Pour Me Nyarugabo, ce type de position diplomatique donne l’impression d’une protection implicite du pouvoir congolais.
« L’idée que ça donne, c’est celle d’un parent qui protège et répond aux caprices d’un fou qui vit dans les environs mais qui détient le glaive », lance-t-il, dans une métaphore critique visant le rapport entre certaines puissances étrangères et les autorités de Kinshasa.
Il poursuit en dénonçant ce qu’il considère comme une attitude complaisante face aux violences dans l’est du pays.
« Il va vous arracher vos enfants et il a d’ailleurs commencé », affirme-t-il, évoquant les conséquences du conflit sur les populations civiles.
Accusations directes contre le pouvoir
Dans ses propos, Me Nyarugabo accuse également le gouvernement congolais de vouloir minimiser certaines opérations militaires.
Il vise notamment le président Félix Tshisekedi et le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya.
« Après avoir envoyé les drones et les bombes, j’attends que les deux manipulateurs, père et fils — Tshisekedi et Muyaya — viennent nier l’origine des drones et envoyer des condoléances aux Français et peut-être aux familles congolaises », déclare-t-il.
Selon lui, les autorités revendiqueraient certaines opérations militaires lorsqu’elles visent des zones contrôlées par des groupes armés, mais adopteraient un ton plus prudent lorsque des victimes étrangères sont impliquées.
« Quand ils canardent les Congolais à Minembwe, à Masisi — Rubaya, Mushaki — et ailleurs, ils revendiquent avec fierté. Mais comme ils ont tué une Française, ils hésitent et reculent », affirme-t-il.
Une critique acerbe du pouvoir
Dans une conclusion particulièrement sévère, l’ancien sénateur compare l’attitude du pouvoir à celle d’un dirigeant irresponsable.
« Tout enfant gâté ou tout adulte qui refuse de grandir, qui croit que tout lui est permis et qui se plaît à toucher le feu, finit par se brûler », lance-t-il.
Pour Me Nyarugabo, les enjeux économiques et politiques — notamment autour des ressources minières — ne pourront pas éternellement masquer la réalité du conflit.
« Les minerais, la corruption, le cynisme et d’autres pratiques n’y peuvent rien », conclut-il.
Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes dans l’est de la RDC, où les affrontements entre l’armée congolaise et les groupes armés continuent d’alimenter les controverses politiques et diplomatiques.
