Kinshasa : 50 000 $ pour viser le cortège de Félix Tshisekedi ? Les accusations contre Jacky Ndala font rire et mettent en colère l’opposition
La nouvelle arrestation de l’opposant congolais Jacky Ndala à Kinshasa continue de provoquer une tempête politique et médiatique en République démocratique du Congo.
Au cœur de la controverse : des accusations relayées par un membre de l’Union sacrée affirmant que l’opposant aurait reconnu avoir reçu 50 000 dollars pour organiser une attaque contre le cortège du président Félix Tshisekedi au niveau du pont de la rivière Ndjili.
Une version que plusieurs figures de l’opposition jugent invraisemblable, dénonçant ce qu’elles considèrent comme une tentative de discrédit politique.
Selon les informations rendues publiques, Jacky Ndala a été interpellé le 6 mars 2026 à Kinshasa, dans la commune de Bandalungwa.
Son avocat a immédiatement alerté l’opinion publique, parlant d’un « enlèvement » mené par des hommes armés non identifiés, qu’il soupçonne d’appartenir aux services de sécurité.
Cette interpellation intervient peu de temps après sa sortie de prison, où il avait été détenu pour « propagation de faux bruits », une accusation fréquemment utilisée dans les affaires politiques sensibles en RDC.
Ancien président de la ligue des jeunes du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, Jacky Ndala dirige aujourd’hui son propre mouvement de sensibilisation citoyenne, ce qui en fait une voix critique du pouvoir.
La polémique a pris de l’ampleur après les déclarations de Jean Thierry Monsenepwo, membre de l’Union sacrée, affirmant que l’opposant aurait reconnu avoir reçu 50 000 dollars pour préparer une attaque contre le cortège présidentiel au pont Ndjili.
Mais cette version est vivement contestée par plusieurs cadres de l’opposition.
Grace Omari, membre d’Ensemble pour la République, s’interroge ouvertement sur la crédibilité de ces accusations :
« Il ferait une attaque du cortège du président avec quoi ? On peut être sérieux un moment dans ce pays ? »
« Une opération comme ça coûte des millions »
L’indignation est également visible sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques.
L’analyste et commentateur Elias Mikonge a réagi avec une ironie mordante :
« C’est de la foutaise. Une telle opération ne peut jamais coûter moins d’un million de dollars. 50 000 dollars pour recruter quel commando ? »
Il poursuit en soulignant l’absurdité financière de l’accusation :
« Combien pour financer les familles de ceux qui vont mourir ? Combien pour préparer les véhicules pouvant servir de fourgons pour disperser les acteurs ? »
Dans un climat politique déjà tendu en République démocratique du Congo, cette affaire risque d’alimenter davantage les accusations de répression contre les opposants.
Pour les proches de Jacky Ndala, l’arrestation et les accusations portées contre lui seraient politiquement motivées, tandis que ses détracteurs y voient la preuve d’activités dangereuses contre les institutions.
Pour l’instant, aucune preuve publique n’a été présentée pour étayer les accusations évoquant une tentative d’attaque contre le cortège du président Félix Tshisekedi.
Une chose est certaine : l’affaire Jacky Ndala vient ajouter une nouvelle couche de tension à une scène politique congolaise déjà extrêmement polarisée.
