RDC : une pétition déposée pour destituer Modeste Bahati Lukwebo, la tension monte au Sénat
La crise politique s’intensifie au Sénat en République démocratique du Congo. Une pétition visant la destitution du deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a été officiellement déposée ce lundi après avoir recueilli 83 signatures de sénateurs.
Cette initiative, portée par un sénateur du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ouvre une nouvelle séquence politique au sein de la majorité liée au président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Pour l’instant, l’avenir de cette motion de défiance reste incertain. La procédure devra franchir plusieurs étapes institutionnelles avant une éventuelle décision finale du Sénat.
Des accusations d’acharnement politique
Dans le camp de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A), la réaction est vive. Certains proches de Bahati Lukwebo dénoncent une manœuvre politique visant à sanctionner ses prises de position.
« Les élus s’acharnent contre Bahati pour sa liberté d’opinion, mais personne n’interpelle l’incompétent notoire Shabani Lukoo, totalement dépassé par l’insécurité à Kinshasa et ailleurs. Sommes-nous devenus fous ? », a déclaré un membre de l’AFDC-A sous couvert d’anonymat.
Ces propos traduisent les tensions qui traversent actuellement la majorité parlementaire autour de la gestion sécuritaire et des débats institutionnels.
Bahati Lukwebo présente ses excuses
Face à la polémique, Modeste Bahati Lukwebo a pris la parole pour tenter de calmer le jeu. Dans un message adressé aux sénateurs sur leur forum WhatsApp, il a présenté ses excuses pour l’incompréhension provoquée par ses récentes déclarations sur la Constitution.
Lors d’une conférence de presse tenue le 4 mars 2026, le sénateur avait affirmé qu’il fallait « changer les mentalités avant de changer la Constitution ». Une phrase qui a été interprétée par certains comme une opposition à une révision constitutionnelle.
Bahati Lukwebo assure pourtant que ses propos ont été déformés.
« Nulle part il est sorti de ma bouche que je m’opposais à la modification de la Constitution », a-t-il insisté, affirmant qu’il souhaitait simplement encourager un débat serein au sein de l’Union Sacrée de la Nation.
Le sénateur a également tenu à réaffirmer sa loyauté envers le chef de l’État.
« Certains se sont accrochés à quelques passages, les sortant de leur contexte. Pour cette incompréhension, je présente mes excuses », a-t-il écrit à ses collègues.
Une crise politique encore incertaine
Cette mise au point intervient alors que la pétition continue de circuler dans les couloirs du Sénat. En présentant ses excuses et en rappelant son attachement à la majorité présidentielle, Bahati Lukwebo semble chercher à désamorcer la crise avant qu’elle ne prenne une tournure institutionnelle plus grave.
Reste à savoir si cette clarification suffira à calmer les tensions ou si la motion de défiance poursuivra son parcours parlementaire jusqu’à un vote formel.
Dans les coulisses du Sénat, plusieurs observateurs estiment que cette affaire pourrait révéler des fractures plus profondes au sein de la majorité politique congolaise, à l’approche des prochaines échéances politiques.

Commentaires (Total : 3)
Emmanuel KAVUNJA
C'est vraiment honteux, la vérité reste à encourager, si le chef de l'État pourrait comprendre lukwebo il échapperait aux erreurs de ses prédécesseurs. Malheureusement il aime les flatteurs qui l'emmène juste dans la fosse
BISIMWA CIBUMBIRO Pierre
Malgré l'incompréhension au tour des déclarations du deuxième vice président du sénat, ses collègues devrait voir son intention. Celle ci à travers le changement de mentalité de certaines autorités à la tête des institutions du pays. Mais aussi l'article 217 mérite une analyse profonde....
Christian Toto
Il doit partir