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RDC : accusé d’incompétence et visé par une pétition, Modeste Bahati Lukwebo refuse de démissionner : « J’irai jusqu’au bout »

La crise s’intensifie au Sénat de la République démocratique du Congo. Accusé d’« incompétence » dans l’exercice de ses fonctions, le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, est désormais dans la tourmente après le dépôt d’une pétition exigeant son départ.

Malgré la pression croissante, l’intéressé reste inflexible : « Je suivrai la procédure jusqu’au bout », a-t-il déclaré.

Déposée ce lundi par le sénateur Dany Kabongo, la pétition a déjà recueilli 83 signatures, signe d’un malaise profond au sein de la chambre haute. À l’origine de cette initiative : ce que ses auteurs qualifient d’« incompétence » dans la gestion des responsabilités liées à son poste.

Mais au-delà de la question de compétence, ce sont surtout les prises de position politiques de Bahati Lukwebo qui cristallisent les tensions. Ses déclarations récentes sur un éventuel changement de la Constitution et son appel à un dialogue national ont été mal perçus par une partie de ses collègues.

Face à la polémique, Modeste Bahati Lukwebo avait tenté d’apaiser les esprits en présentant ses excuses le 10 mars dernier. Il avait alors expliqué que ses propos avaient été « sortis de leur contexte » et mal interprétés. Selon lui, il ne s’opposait pas à une révision constitutionnelle, mais plaidait plutôt pour un débat interne au sein de l’Union sacrée de la nation.

Une mise au point qui n’a manifestement pas suffi à calmer la fronde.

Réactions virulentes dans la classe politique

Dans le camp de l’opposition, les réactions ne se sont pas fait attendre. Moïse Katumbi, par la voix de son entourage, a vivement critiqué l’attitude du sénateur. Grâce Omari, proche de l’opposant, n’a pas mâché ses mots : « Honte à lui ! Il n’a pas pu maintenir sa position, mais pour le poste, il décide quand même de s’accrocher. »

Sur les réseaux sociaux, les commentaires oscillent entre indignation et ironie. Irenge Ntaboba estime que « s’il était vraiment un jusqu’au-boutiste, il ne devrait pas s’excuser d’avoir dit la vérité ». De son côté, James Kobe raille une « soif de pouvoir », lançant : « Quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne vous quitte ! »

Alors que la pression s’accentue, Modeste Bahati Lukwebo semble déterminé à ne pas céder. En choisissant de s’en remettre à la procédure parlementaire, il ouvre la voie à un bras de fer politique qui pourrait fragiliser davantage l’équilibre déjà précaire au sein du Sénat.

Dans ce climat tendu, une question demeure : cette tempête politique se limitera-t-elle à un simple épisode institutionnel ou marquera-t-elle un tournant dans les rapports de force au sommet de l’État congolais ?

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