RDC : Emmanuel Ramazani Shadary hospitalisé en urgence, son état jugé préoccupant (famille)
À Kinshasa, l’état de santé d’Emmanuel Ramazani Shadary suscite une vive inquiétude. Le secrétaire permanent du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) a été transféré en urgence dans un établissement hospitalier, où son état est jugé « préoccupant », selon des sources proches de sa famille.
D’après ces mêmes sources, l’ancien candidat à la présidentielle de 2018, détenu depuis décembre dernier, aurait été évacué après une dégradation soudaine de sa santé. Aucune communication officielle des autorités n’a, pour l’heure, confirmé ou infirmé ces informations.
Depuis son arrestation dans la nuit du 15 au 16 décembre 2025 à Kinshasa, Emmanuel Ramazani Shadary est détenu sur ordre du Conseil National de Cyberdéfense (CNC). Il serait maintenu dans un régime d’isolement particulièrement strict.
« Seule son épouse est autorisée à lui rendre visite, et ce, une fois par semaine pour une durée maximale de quinze minutes », confie un membre de la famille. Selon cette source, des mesures inhabituelles entourent ces visites : « On lui impose même le port d’une cagoule pour dissimuler le trajet jusqu’au lieu de détention. »
Le lieu de détention serait par ailleurs régulièrement modifié après chaque visite, rendant toute localisation difficile.
Appels à la libération
Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent au sein de l’opposition et de la société civile. Steward Kula, proche du PPRD, dénonce une détention arbitraire et appelle à une action urgente :
« Nous exigeons une fois de plus sa libération sans condition afin qu’il puisse rejoindre sa famille. Nous lançons un appel à la communauté internationale pour faciliter sa libération. »
Même tonalité du côté de Grace Omari, qui critique ouvertement la gestion du dossier :
« Voici à quoi ressemble l’État de droit sous Félix Tshisekedi. On séquestre un opposant pendant des mois sans aucun procès. »
L’arrestation de Emmanuel Ramazani Shadary s’inscrit dans un climat politique particulièrement tendu en République démocratique du Congo. Elle est intervenue quelques mois après la condamnation controversée de l’ancien président Joseph Kabila, dont Shadary est un proche allié politique.
Avant son interpellation, il avait été convoqué par la justice militaire, soupçonné de liens avec le groupe rebelle AFC/M23, et frappé d’une interdiction de quitter le territoire. Il s’était également illustré par des prises de position critiques à l’égard du pouvoir en place.
Dans plusieurs déclarations, il avait dénoncé le procès de Joseph Kabila comme une « manœuvre de diversion » face à la crise sécuritaire persistante dans l’est du pays. Plus récemment, il avait qualifié les accords diplomatiques de Washington et de Doha de « revers » pour la RDC.
À ce stade, les autorités congolaises n’ont pas réagi publiquement à l’hospitalisation de Emmanuel Ramazani Shadary ni aux accusations concernant ses conditions de détention.
Ce silence alimente les spéculations et renforce les inquiétudes autour de son état de santé, alors que ses proches réclament plus de transparence et un accès régulier à des soins appropriés.
