RDC : Disparition inquiétante du colonel Biyoyo au sein du M23, de graves accusations émergent en interne
La situation sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo continue de susciter de vives inquiétudes. Selon un communiqué signé par Mwami Radjabu, le colonel Biyoyo aurait été porté disparu à Goma depuis le 19 mars 2026.
D’après les informations rapportées, l’officier aurait été aperçu pour la dernière fois aux alentours de 15 heures, après avoir été contacté par le colonel Imani Nzenze. Depuis ce moment, aucune trace de lui n’a été retrouvée.
Dans son message, Mwami Radjabu évoque des précédents alarmants entre les deux hommes. Il rappelle notamment une tentative d’embuscade survenue récemment à Kibumba :
« Il n’y a pas longtemps, le colonel Nzenze lui a tendu une embuscade à Kibumba, où il a eu la vie sauve grâce à Dieu. Mais il a perdu l’un des membres de son escorte. »
Ces éléments renforcent les soupçons autour de cette disparition, dans un contexte déjà marqué par des tensions internes au sein des groupes armés opérant dans la région.
Des luttes internes dénoncées au sein de l’AFC/M23
Au-delà du cas du colonel Biyoyo, Mwami Radjabu dénonce une crise profonde de gouvernance et de leadership au sein de l’AFC/M23. Selon lui, des rivalités internes opposeraient des profils compétents à d’autres jugés moins qualifiés, freinant ainsi toute dynamique organisationnelle :
« Ces derniers temps, au sein de l’AFC/M23, nous assistons à un affrontement direct opposant l’incompétence à la compétence, ce qui freine le développement interne. »
De lourdes accusations contre le colonel Imani Nzenze
Le communiqué pointe directement la responsabilité du colonel Imani Nzenze, officier de renseignements, accusé d’abus de pouvoir et de pratiques de déstabilisation :
« Au lieu de maintenir la sécurité dans les zones sous notre gouverne, il passe son temps à traquer les officiers supérieurs du mouvement, semant la terreur par peur d’être remplacé. »
Mwami Radjabu va plus loin en dénonçant un comportement qu’il qualifie d’intimidation systématique :
« Sa méthode consiste à semer le désordre pour troubler leur tranquillité. »
Au-delà des considérations militaires, le message prend une tournure profondément personnelle. Mwami Radjabu accuse directement le colonel Nzenze d’être impliqué dans la mort de son frère :
« Je rappelle que c’est le même colonel Imani Nzenze, le bourreau de mon petit frère. »
Il conclut par un engagement poignant :
« Je ne lâcherai pas tant que je n’aurai pas retrouvé les restes de mon petit frère pour un enterrement digne. »
À ce stade, aucune confirmation officielle indépendante n’a encore été apportée concernant la disparition du colonel Biyoyo ni les accusations portées contre le colonel Imani Nzenze.
Cette affaire met néanmoins en lumière les profondes fractures internes et les tensions persistantes au sein des groupes armés actifs dans l’Est de la RDC, dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement fragile.
