RDC : l’AFDC désavoue Modeste Bahati Lukwebo, fracture ouverte autour de la révision constitutionnelle
Nouvelle secousse politique en République démocratique du Congo. Le collège des fondateurs de l’Alliance des Forces démocratiques du Congo a officiellement pris ses distances avec son autorité morale, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, marquant une rupture inédite au sein de cette formation politique.
Réunis ce mercredi à Kinshasa, les fondateurs du parti ont exprimé leur désaccord par la voix de Otto Bahizi, co-fondateur de l’AFDC et notable de la chefferie de Busanza, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu).
« Nous exprimons notre plus ferme désapprobation face à la récente prise de position du sénateur Modeste Bahati Lukwebo », a-t-il déclaré.
Cette sortie vise directement les propos récents du sénateur, jugés en décalage avec la ligne politique de l’Union Sacrée de la Nation, à laquelle appartient l’AFDC.
Des propos jugés “graves”
Au cœur de la controverse : les déclarations de Modeste Bahati Lukwebo sur la révision constitutionnelle et sa critique virulente de la classe politique congolaise.
« Qualifier l’ensemble de la classe politique d’irresponsable et immature est une prise de position grave », estiment les fondateurs du parti.
Pour ces derniers, de telles déclarations fragilisent non seulement la cohésion interne de la coalition au pouvoir, mais également la crédibilité des institutions dans un contexte politique déjà tendu.
Ce désaveu public révèle des tensions profondes au sein de l’AFDC, mais aussi, plus largement, dans la majorité présidentielle. À l’heure où le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle divise la classe politique, cette prise de position pourrait accentuer les lignes de fracture.
« Cette situation montre que le consensus est loin d’être acquis sur des questions fondamentales pour l’avenir du pays », analyse un observateur politique.
Réactions contrastées dans l’opinion
Dans l’espace public, les réactions ne se sont pas fait attendre. Certaines voix dénoncent une dérive politique et prédisent des représailles au sein du pouvoir.
Kazumba Théo s’indigne :
« Modeste Lukwebo va maintenant vivre la méchanceté du pouvoir. Ceux qui l’ont soutenu aujourd’hui participent à son humiliation. »
Des propos qui traduisent le climat de tension et de méfiance croissante entre acteurs politiques.
Un épisode révélateur d’une crise plus large
Au-delà du cas Bahati Lukwebo, cet épisode met en lumière une réalité plus profonde : la fragilité des alliances politiques en RDC et la difficulté à maintenir une cohésion autour des grandes orientations nationales.
Alors que le pays fait face à des défis sécuritaires et institutionnels majeurs, cette crise interne pourrait affaiblir davantage la majorité au pouvoir et compliquer la gestion des réformes à venir.
Dans ce contexte, une question demeure : cette rupture marquera-t-elle un simple épisode de tensions internes ou le début d’un réalignement politique plus large en RDC ?
