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RDC : la Banque mondiale alerte sur l’explosion des dépenses militaires

La Banque mondiale tire la sonnette d’alarme sur la trajectoire budgétaire de la République démocratique du Congo. Dans son dernier rapport, l’institution met en évidence une hausse spectaculaire des dépenses militaires, conséquence directe de la dégradation sécuritaire dans l’est du pays.

Selon le rapport, les dépenses de défense ont triplé en un an, atteignant 3,4 % du PIB en décembre 2025. Cette augmentation s’explique par l’intensification des opérations militaires face aux groupes armés, notamment le M23.

Le gouvernement a également doublé la rémunération des militaires et des policiers, dans un effort pour maintenir leur loyauté et éviter les défections.

« L’augmentation des salaires dans les forces de sécurité vise à renforcer le moral des troupes dans un contexte de conflit prolongé », souligne le rapport.

Un déficit budgétaire en nette dégradation

Cette pression sécuritaire a un coût direct sur les finances publiques. Le déficit budgétaire est passé de 1,9 % du PIB en 2024 à environ 2,9 % en 2025.

En cause : la hausse des dépenses sécuritaires, mais aussi l’augmentation de la masse salariale publique, qui atteint désormais 4,9 % du PIB, soit près d’un tiers des dépenses totales.

« La combinaison de dépenses accrues et de recettes en baisse fragilise l’équilibre budgétaire », analyse un économiste.

Le conflit dans l’est du pays a également fortement affecté les recettes fiscales. La fermeture temporaire de bureaux fiscaux dans le Nord et le Sud-Kivu, ainsi que le ralentissement des activités économiques, ont entraîné une perte estimée à 0,5 % du PIB.

« L’insécurité perturbe profondément la collecte des recettes, en particulier dans les zones les plus touchées », note la Banque mondiale.

Des mesures d’austérité pour compenser

Face à ces pressions, les autorités congolaises ont adopté des mesures de rigueur budgétaire. Celles-ci ont permis de dégager environ 0,5 % du PIB d’économies.

Parmi les principales décisions :

  • réduction des dépenses en biens et services,

  • baisse de 20 % des salaires des hauts fonctionnaires,

  • diminution des transferts et subventions.

« Ces ajustements traduisent la volonté du gouvernement de maintenir une certaine discipline budgétaire malgré le contexte de crise », estime un expert financier.

Dans le budget 2026, les dépenses liées aux opérations sécuritaires et humanitaires sont estimées à 2,5 % du PIB, soit 12,3 % des dépenses totales. La sécurité représente à elle seule 15 % du budget sectoriel.

« La RDC fait face à un arbitrage difficile entre sécurité, développement et stabilité macroéconomique », conclut le rapport.

 

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