Malgré les sanctions des États-Unis, Norbert Basengezi Katintima a officiellement déposé sa candidature au poste de 2e vice-président du Sénat.
Le sénateur Norbert Basengezi Katintima a officiellement déposé sa candidature au poste de deuxième vice-président du Sénat, laissé vacant après la démission de Modeste Bahati Lukwebo.
démarche qui s’inscrit dans le cadre des procédures internes de l’Union Sacrée de la Nation, plateforme majoritaire au pouvoir en République démocratique du Congo.
Sous sanctions américaines depuis 2019 pour corruption et détournement de fonds, Norbert Basengezi Katintima tente aujourd’hui de succéder à Modeste Bahati Lukwebo au poste stratégique de deuxième vice-président du Sénat. Il a, à cet effet, déposé son dossier ce samedi auprès de l’Union sacrée, qui devra désigner le candidat officiel à parrainer pour cette fonction clé.
Conformément aux règles établies, les candidatures sont examinées par le secrétaire permanent de l’Union sacrée, le professeur André Mbata Betukumesu Mangu, chargé de conduire le processus de présélection avant l’élection en séance plénière.
Sénateur du Sud-Kivu et ancien vice-président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), Basengezi est présenté par ses soutiens comme un candidat naturel. Son expérience institutionnelle et son poids politique dans l’est du pays sont mis en avant dans une course qui s’annonce particulièrement disputée.
Une candidature fragilisée par un passé controversé
Cependant, cette ambition politique est loin de faire l’unanimité. L’examen en cours de la “loi Mutiki”, visant à exclure des postes de responsabilité les anciens membres de mouvements rebelles, pourrait constituer un obstacle majeur à sa candidature.
Le passé de Basengezi alimente en effet les critiques. Ancienne figure du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), il a occupé des fonctions de gouverneur au Sud-Kivu durant la période de guerre entre 1998 et 2002, marquée par l’occupation rwandaise dans certaines zones de l’est du pays.
Son nom est également cité dans le Rapport Mapping de l’ONU, qui documente de graves violations des droits humains commises en RDC. Ce rapport évoque notamment des responsabilités présumées dans plusieurs exactions, dont les massacres de Makobola, et recommande que certains acteurs soient poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Entre enjeux politiques et diplomatiques
Au-delà de son parcours, la question de sa présence sur la scène politique à ce niveau de responsabilité interroge. Les sanctions américaines dont il fait l’objet renforcent les doutes quant à l’opportunité de sa nomination, dans un contexte où Kinshasa cherche à consolider ses relations avec les États-Unis.
Pour plusieurs observateurs, cette candidature cristallise les contradictions entre les impératifs de stabilité politique interne et les exigences de crédibilité internationale.
Un test pour la majorité présidentielle
Le processus de désignation du futur deuxième vice-président du Sénat apparaît ainsi comme un véritable test pour l’Union sacrée. Entre jeux d’influence, équilibres politiques et exigences éthiques, le choix final pourrait avoir des répercussions majeures.
La “loi Mutiki”, si elle est adoptée, pourrait jouer un rôle décisif en fixant des critères stricts pour l’accès aux fonctions publiques de haut niveau. Elle s’inscrit dans un débat plus large sur la mémoire des conflits et la nécessité de garantir une gouvernance responsable.
Dans ce contexte, la candidature de Norbert Basengezi met en lumière les défis persistants auxquels fait face la RDC : tourner la page des conflits tout en bâtissant des institutions solides, crédibles et respectées.

Commentaires (Total : 2)
Calvin Reagan basubi
J'aimerais voire votre quadidatur messier le minitre
Nsimire kahuku Laurence
Je crois qu'on peut lui donner encore une chance, car , même celui qui occupait cet poste est aussi de l'Union sacrée comme le sénateur KANTINTIMA. Je demande pour lui la deuxième chance, d'occuper cet poste.il mérite