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Sénat : Basengezi imposé ? L’AFDC-A de Bahati Lukwebo crie à la confiscation d’un poste “qui lui revient”

La bataille pour le poste de deuxième vice-président du Sénat prend une tournure explosive. Au cœur de la polémique : la désignation de Norbert Basengezi Katintima, portée par l’Union sacrée de la nation, au détriment du regroupement AFDC-A de Modeste Bahati Lukwebo, qui revendique ce siège comme un acquis politique.

« Une surprise » qui passe mal

Du côté de l’AFDC-A, la pilule ne passe pas. Le porte-parole Bellarmin Byamungu dénonce une décision unilatérale et sans concertation :

« Nous avons été surpris de voir cette candidature retenue par l’USN. Parce que de droit, l’AFDC-A, ayant perdu le poste en question, c’était normal que la candidature vienne toujours d'elle. »

Un argument qui repose sur une logique de partage des postes au sein de la majorité, mais qui, visiblement, n’a pas été respectée cette fois-ci. Plus grave encore selon lui : l’absence totale de consultation, alors même que Bahati Lukwebo siège au Présidium de l’Union sacrée.

La candidature de Basengezi a été officiellement déposée par André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée, avec l’aval direct du chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Un passage en force ? Pour certains, il s’agit plutôt d’un recentrage du pouvoir décisionnel.

Dans les coulisses de l’Union sacrée, le ton monte. Un cadre du regroupement, visiblement excédé par les revendications répétées de certains alliés, lâche :

« Nous sommes très fatigués par ce genre de chantage. Le même mécanisme : il me faut ceci ou cela. Pendant ce temps, si l’on regarde objectivement les parcours des personnes proposées, très peu ont un bilan positif réel. Le Chef de l’État doit pouvoir décider en toute liberté. »

Une déclaration qui en dit long sur les tensions internes et le ras-le-bol d’une partie de la majorité face aux logiques de quotas politiques.

Le débat sur la compétence relancé

La controverse dépasse désormais la simple question de procédure. Elle interroge le fond : faut-il continuer à distribuer les postes selon les équilibres politiques, ou enfin privilégier la compétence ?

La journaliste Roseline Maguru tranche sans détour :

« On connaît le bonhomme. Depuis des décennies, il tient toujours le même discours : “Ce poste leur revient, et quoi encore ?” La RDC de demain doit bannir ce genre de raisonnement. Nous devons privilégier les compétences, quelles que soient les attaches partisanes ou régionales. »

Pendant ce temps, le processus électoral suit son cours sous la supervision du président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde. Sauf retournement de situation, l’élection est prévue le 3 avril 2026, après une série d’étapes allant du dépôt des candidatures à la campagne électorale.

Ce scrutin intervient dans un contexte déjà tendu, après la démission forcée de Bahati Lukwebo, fragilisé par une pétition initiée par le sénateur Dany Kabongo et soutenue par plus de 80 signatures. Incompétence, désaccord politique sur la Constitution… les griefs étaient lourds.

Au final, une question demeure :
l’Union sacrée est-elle encore une coalition d’équilibre… ou un bloc désormais dirigé à sens unique ?

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