RDC : pendant que Tshisekedi couvre les Léopards de cadeaux, les Kinois réclament du travail
L’ambiance était électrique ce dimanche à Kinshasa. De l’aéroport international de N’djili jusqu’à l’esplanade du Palais du Peuple, une marée humaine a accompagné les Léopards de la RDC, célébrant avec ferveur leur qualification historique pour la Coupe du monde 2026.
Une communion rare entre une équipe nationale et tout un peuple, venu saluer une performance qui entre déjà dans les annales du football congolais.
Au cœur de cette célébration, le président Félix Tshisekedi a marqué les esprits avec une série d’annonces spectaculaires.
Devant une foule acquise à la cause des héros du jour, il a promis à chaque joueur une voiture, une maison ainsi qu’une prime spéciale, en reconnaissance de cet exploit inédit. Une récompense à la hauteur de l’événement, qui a suscité applaudissements et enthousiasme parmi les supporters.
Mais l’euphorie n’aura été que de courte durée.
À peine les annonces présidentielles terminées, l’atmosphère a changé de tonalité. Des milliers de Kinois, massés sur l’esplanade, ont commencé à scander en chœur : « Et nous ? ». Une interpellation directe, spontanée, révélatrice d’un malaise plus profond. En quelques secondes, la célébration sportive s’est transformée en tribune populaire.
Tentant de reprendre la main, Félix Tshisekedi a répliqué : « Vous avez demandé la baisse du dollar, c’est chose faite ou pas ? ». Mais la réponse de la foule a été immédiate et sans équivoque : « Non. Nous voulons du travail. »
Face à cette clameur, le chef de l’État a alors resorti une formule désormais familière dans son discours politique : « Le travail arrive. » Une réponse qui, loin d’apaiser totalement les tensions, a plutôt mis en lumière l’écart persistant entre les attentes de la population et les promesses du pouvoir.
Ce moment, capté en direct et largement relayé, dépasse le simple cadre d’une célébration sportive. Il agit comme un révélateur des frustrations sociales accumulées dans un pays où, malgré les avancées affichées, une large partie de la population peine encore à ressentir les effets concrets des politiques publiques.
La qualification des Léopards au Mondial 2026 restera sans doute comme un tournant historique pour le football congolais. Mais cette journée aura également rappelé une autre réalité : derrière l’unité nationale suscitée par le sport, les attentes sociales demeurent vives, pressantes, et de plus en plus audibles.
Entre promesses présidentielles et revendications populaires, une question persiste désormais dans les esprits : jusqu’à quand ?
