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RDC : Tshisekedi érige Nkamba en « Ville Sainte » et déclenche une vague de réactions contrastées

Le président Félix Tshisekedi a annoncé, ce 6 avril, une décision hautement symbolique et politiquement sensible : l’octroi d’un « statut spécial » à la cité de Nkamba, désormais proclamée « Ville Sainte ».

Cette déclaration a été faite à l’occasion des commémorations dédiées à Simon Kimbangu, figure spirituelle majeure et fondateur de l’Église kimbanguiste, dans son fief historique situé au Kongo-Central.

« Je viens de prendre une nouvelle décision : celle de donner un statut spécial à la cité de Nkamba. Elle devient désormais Ville Sainte », a déclaré le chef de l’État devant une foule de fidèles et de dignitaires religieux, réunis pour honorer la mémoire du prophète.

Cette annonce, accueillie avec ferveur par les adeptes de l’Église kimbanguiste, confère à Nkamba une reconnaissance officielle inédite, renforçant son rôle spirituel au sein du paysage religieux congolais. Pour les croyants, il s’agit d’un acte historique, longtemps attendu, qui vient consacrer Nkamba comme un haut lieu de pèlerinage.

Cependant, au-delà de l’enthousiasme religieux, cette décision suscite de vives réactions dans une partie de l’opinion publique, notamment dans les régions de l’Est du pays, en proie à une insécurité persistante.

À Bukavu, Kasereka Paulin exprime son incompréhension : « S’il était au moins là où les responsabilités l’attendaient… mais nous avons connu l’émergence », lance-t-il, dans une critique à peine voilée de ce qu’il perçoit comme un décalage entre les priorités nationales et les actions du pouvoir.

Même tonalité à Goma, où Guillome Wilondja déplore le choix du président : « Il devrait aller à Ituri soulager les rescapés de massacre, mais il part à Nkamba », affirme-t-il, pointant du doigt l’urgence humanitaire dans certaines provinces meurtries par les violences armées.

Ces réactions illustrent une fracture persistante entre les gestes symboliques du pouvoir et les attentes concrètes d’une population confrontée à des défis sécuritaires, économiques et sociaux majeurs. Si pour certains, la reconnaissance de Nkamba comme « Ville Sainte » est un acte de justice historique et culturelle, pour d’autres, elle apparaît comme une diversion face aux priorités urgentes du pays.

Dans un contexte où chaque décision présidentielle est scrutée et interprétée à l’aune des crises que traverse la RDC, cette annonce relance le débat sur l’équilibre entre symbolisme politique, reconnaissance culturelle et gestion des urgences nationales.

Entre foi, politique et réalités du terrain, la proclamation de Nkamba comme « Ville Sainte » s’inscrit désormais comme un acte fort… mais profondément clivant.

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